Covid-19

Covid-19 : le CHU UCL Namur contraint de fermer des unités entières de soins

publié le:11/01/2022 14:29:00 - mis à jour: 12/01/2022 17:52:50

Covid-19 : le CHU UCL Namur contraint de fermer des unités entières de soins

Les contaminations qui continuent de monter en flèche déciment les équipes soignantes. Plusieurs unités de soins sont actuellement fermées au CHU UCL Namur à cause des contaminations au sein du personnel.

Alors que les contaminations au coronavirus explosent – le seuil des 20.000 nouveaux cas par jour a été dépassé – les admissions plafonnent voire diminuent au sein du groupe hospitalier du CHU UCL Namur.

Les chiffres de cette cinquième vague semble confirmer ce que l'on pensait savoir d'Omicron : le virus est bien plus contagieux mais moins virulent et devrait envoyer proportionnellement moins de malades vers les hôpitaux. Sauf que quand des milliers de personnes sont infectées, la part de « cas graves » devient proportionnelle. Il faut donc inévitablement s'attendre à ce que des milliers de personnes soient à nouveau hospitalisées.

Une pénurie de personnel sans précédent

Certains modèles mathématiques prévoient jusqu'à 135.000 contaminations par jour au plus fort de la cinquième vague, dont le pic est prévu pour la fin du mois de janvier. C'est là que se pose tout le défi de cette cinquième vague pour les hôpitaux du pays, qui malgré eux ont appris depuis deux ans à gérer les pics, car le virus touche cette fois-ci de plein fouet les effectifs décimant au passage les équipes soignantes, déjà en sous-nombre.  Des unités entières de soins sont actuellement fermées au sein des établissements du CHU UCL Namur, comme l'explique le Professeur Benoît Rondelet, directeur médical de l'hôpital de Godinne :

Selon les prédictions, l'ampleur des hospitalisations sera supérieure à la dernière vague, mais avec des cas plus légers. C'est l'effet de masse qui risque de poser problème. Si on est actuellement à la fin de la vague Delta avec une diminution du nombre d'hospitalisations classiques et un statut quo dans les soins intensifs, on s'attend à une recrudescence, or la pénurie de personnel n'a jamais été aussi importante. On a des unités de soins entières qui sont fermées actuellement.

A titre d'exemple, sur le site de Godinne, 40 lits d'hospitalisation "classique" sont actuellement fermés, ce qui représente 10% de la totalité des lits. Côté soins intensifs, huit lits sur 28 sont impossibles à « staffer », poursuit le directeur médical.

C'est un effet aigu de la crise qui vient se greffer à une situation chronique de pénurie. On est dans une situation de détresse. Mais je ne suis pas prêt à fermer des blocs opératoires pour « staffer » des lignes USI avec des gens qui n'ont pas la qualification pour travailler dans les unités de soins intensifs. Dans le Hainaut, des hôpitaux sont complètement paralysés et ont dû fermer des salles d'opération. On n'en est pas encore là, mais cela peut nous tomber dessus à tout moment.

Vers la fin de la priorisaton des patients Covid?

C'est pourquoi le Professeur Benoit Rondelet rappelle la nécessité de laisser une liberté d'action aux médecins quant à la répartition des lits Covid et donc, quant à la prise en charge générale des patients, sans plus établir de distinction entre les patients Covid et non Covid. Jusqu'à maintenant, et en prévision de, les hôpitaux doivent réserver parfois jusqu'à 50% des lits pour les patients Covid. Mais la donne pourrait être amenée à évoluer.

La commission "Hospital & Transport Surge Capacity" travaille ce mardi 11 janvier sur l'élaboration d'un plan d'urgence pour les hôpitaux du SPF Santé publique. En cas de saturation des services, un consensus semble se dégager pour que les soins Covid ne soient plus prioritaires par rapport aux autres, ce dont se réjouit avec prudence le directeur médical de Godinne:

Nous attendons la note officielle du cabinet. Pour le moment, il n'y a eu que des sorties médiatiques. Mais cela irait clairement dans le sens de ce que nous avions demandé dans la lettre ouverte que nous avions rédigée avec les directeurs médicaux du réseau hospitalier namurois. D'un point de vue intellectuel et éthique, il revient aux médecins de poser les choix médicaux, et non aux politiques d'établir une priorité entre patients, comme c'est le cas depuis le début de cette crise. En cas de saturation, à mes yeux de médecin, un patient qui souffre d'un cancer, qui a 50 ans, et qui est vacciné doit être prioritaire sur un patient très âgé non-vacciné qui souffre du Covid-19.

>>> A lire aussi: Lettre ouverte: La priorité donnée aux patients Covid non-vaccinés mérite un débat éthique

 

 

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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