Agriculture

Crise du sucre : les producteurs belges de betteraves contraints de réduire leur production

publié le:18/11/2025 15:38:00 - mis à jour: 20/11/2025 11:38:21

Les deux principales raffineries du pays demandent aux producteurs de réduire leur production de 25 %. Une mesure destinée à stabiliser les prix sur un marché européen excédentaire.

Sur les hauteurs de Dinant, les camions se relaient pour le ramassage des betteraves. Mais derrière cette activité, c'est l'inquiétude qui domine. Cette année, les producteurs belges doivent faire face à une décision qui change la donne pour 2026. Les deux principales raffineries du pays demandent aux producteurs de réduire leur production de 25 % pour l'année prochaine. Pour certains, comme le Dinantais Baudouin de Wouters, cela signifie passer de 1 000 tonnes à seulement 750 tonnes de betteraves.

C'est toujours le producteur qu'on met au pied du mur… Pour moi, ce sont deux hectares de betterave en moins.

Les raffineries justifient cette décision par un marché européen du sucre excédentaire et des prix très bas. Ajoutez à cela la concurrence déloyale venue des quatre coins du monde. Vincent Demanet, président de la fédération des betteraviers wallons, détaille les causes internationales de cette crise :

Au début de l'année, il y a eu les droits de douane imposés par Trump, puis les accords avec l'Ukraine et bientôt le Mercosur… Chaque fois, du sucre entre en Europe à taux zéro. Et aujourd'hui, nous sommes le seul endroit au monde où il n'y a aucune protection pour ce marché. Il y a une production énorme partout dans le monde : Amérique du Sud, Inde, Thaïlande, Europe…

Rotations cassées

La betterave est une culture clé dans la rotation des exploitations. Réduire les surfaces cultivées, c'est casser la planification des cultures. Baudouin de Wouters n'en démord pas :

Tout ce qu'on a préparé ces derniers mois est cassé : engrais semés, rotations planifiées… L'avenir de l'agriculture en Europe est très sombre, et on se demande comment les jeunes reprendront les exploitations.

Cette réduction des surfaces cultivées de betteraves est un pari pour l'avenir du sucre belge. Les raffineries cherchent à stabiliser les prix pour préserver l'outil et permettre à la Belgique de rester dans le top cinq des producteurs de sucre en Europe, comme le confirme Vincent Demanet :

Je comprends cette décision. Si on ne réduit pas les surfaces, on devra livrer du sucre à moitié prix. Nous espérons un redressement des cours dès fin 2026.

La betterave n'est pas la seule culture en crise… Pommes de terre, légumes, céréales… l'incertitude est grande chez les agriculteurs.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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