Politique
Crise politique à Dinant: les deux «grands» condamnés à s’entendre?
publié le:25/10/2021 11:43:00 - mis à jour: 26/10/2021 14:01:36
Thierry Bodlet (ID!) et Victor Floymont (LDB) condamnés à s'entendre?
Le renouvellement complet du groupe PS et par là même son affaiblissement auquel s’ajoute l’éclatement de la liste de Robert Closset obligent-ils les deux grandes listes du conseil à s’allier? Analyse.
Parmi les multiples scénarios théoriques possibles pour sortir de la crise à Dinant, un seul semble aujourd'hui réellement envisageable, celui de l'alliance entre les deux grands, ID! et LDB, l'actuelle opposition. Les deux petits groupes du conseil communal ne paraissent plus en mesure de jouer les premiers rôles et ce, pour des raisons différentes.
Le groupe Din.Autrement (tendance socialiste) a perdu ce weekend ces deux représentants au conseil communal, l'échevin Laurent Belot et la conseillère, Audrey Bernard. Avec tout le respect qu'on doit à son suppléant, on voit mal comment le groupe socialiste sans son homme fort, pourrait peser dans les futures négociations, d'autant plus que le groupe PS n'est mathématiquement indispensable dans aucun scénario.
Pour la liste DINANT emmenée par Robert Closset, la situation est un peu plus confuse. Le groupe comptait trois élus: Robert Closset, Alex Miskirtchian et Laurent Brion. Les deux derniers ont pris publiquement leurs distances avec la majorité. Avec ces deux électrons libres ou « balles magiques » pour reprendre les termes de Richard Fournaux, Robert Closset se retrouve bien seul pour tenter de monter dans une majorité.
Ces deux groupes mis sur le banc de touche, il ne reste plus qu'aux deux grandes listes, ID ! (9 élus) et LDB (9 élus également) à s'entendre. Plus facile à écrire qu'à faire… Sur le plan politique, la nouvelle équipe serait inévitablement très fortement colorée de bleu avec LDB, une liste entièrement étiquetée MR, à laquelle s'ajouteront plusieurs élus affiliés également au MR, dont Thierry Bodlet. Cette nouvelle donne sera sans doute difficile à avaler pour les mandataires cdH et Ecolo. Sur le plan personnel également, l'alliance ne coule pas de source. Ces trois années de mandature, où les passes d'armes entre majorité et opposition ont parfois été très dures, ont laissé des traces.
Un passage par les urnes est-il possible?
Et si les deux listes ne s'entendaient pas? En d'autres termes, les Dinantais pourraient-ils être amenés à revoter avant l'échéance de 2024? Contacté par nos soins, Jean Faniel, le directeur du CRISP (Centre de recherche et d'information socio-politiques) n'y croit pas vraiment:
Je n'ai pas d'exemple en Wallonie qu'on ait revoté suite à une crise politique. On n'en est jamais arrivé là. A Dinant, il me semble qu'il reste un certain nombre de solutions pour l'éviter.
Et de pointer outre l'alliance ID! – LDB déjà évoquée, la possibilité pour la majorité actuelle, qui n'aurait plus de majorité que le nom, de gouverner ces trois prochaines années en composant avec les électrons libres et l'opposition. En clair, sur chaque dossier, l'équipe au pouvoir devrait s'assurer qu'une majorité existe pour voter le projet au conseil communal. Une situation très inconfortable qui ne verrait assurément pas de grands projets naître en bord de Meuse jusqu'en 2024.