Politique

Crise politique à Dinant : Lionel Naomé plaide pour une union sacrée

publié le:19/05/2022 11:12:00 - mis à jour: 20/05/2022 11:16:29

Lionel Naomé, président du conseil communal dinantais, souhaite une union sacrée des 4 groupes pour sortir de la crise. Du côté de l’opposition, Alain Besohé envisage déjà 2024.

Il y a pensé sous la douche… Lionel Naomé a sa petite idée pour sortir de la crise qui pourrit la vie politique dinantaise depuis des mois. Il plaide aujourd'hui pour une union sacrée des quatre groupes présents autour de la table.

 

Je me demande si on ne devrait pas faire une union sacrée avec, par exemple, un représentant de chaque groupe au collège. Il faudrait que tous les groupes, y compris le mien, mettent de l'eau dans leur vin. Avec le temps qui nous reste, même nous allier avec LDB, ne permettrait pas de sortir des dossiers. Il faudrait nous mettre tous ensemble et réfléchir aux priorités et répondre aux attentes des Dinantais. Mais on sait que les marges de manœuvres financières ne sont pas très importantes.

Lionel Naomé qui fait partie du groupe le plus fort de la majorité actuelle (Les Engagés - ID !) reconnaît que la situation est dans une impasse : « J'ai le sentiment qu'on est en affaires courantes, il n'y a pas de dossiers qui sortent, on vit au jour le jour ».

 

Hémorragie au sein du personnel communal

 

La crise politique à Dinant qui couve depuis des mois est revenue sur le devant de la scène médiatique avec la décision de Bertrand Detal de renoncer à son poste de directeur général faisant fonction. Depuis des mois, les départs ou les congés de maladie se multiplient à l'administration communale de Dinant. Lionel Naomé reconnaît le problème :

 

Il faut retrouver une stabilité au sein de l'administration. Il faut reconnaître qu'il y a un problème mais cette mouvance, on la voit un peu partout depuis le Covid. Des départs sont dus à la mauvaise ambiance, reconnaissons-le, mais d'autres sont dus à des choix de carrière personnels. Mais c'est inquiétant parce que les dossiers n'avancent pas.

L'opposition LDB par la voix de son chef de file, Alain Besohé, voit dans ces multiples départs bien plus qu'une tendance générale mais le signe d'un malaise bien plus profond :

 

Le personnel n'est pas bien. Il y a encore eu deux départs cette semaine. J'ai reçu un mail d'un membre du personnel qui me demandait comment prendre un congé de deux ans. A l'atelier communal non plus, ça ne va pas. Il n'y a plus de superviseur sur le terrain, les hommes sont livrés à eux-mêmes. Cette situation est aussi due à la personnalité du bourgmestre. Thierry Bodlet met la pression, il travaille, entre guillemets, comme un dictateur.

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Un membre du personnel a toutefois tenu à nuancer les propos d'Alain Besohé. S'il n'y a effectivement plus de chef aux travaux, il reste trois contremaîtres. Le problème se trouverait plutôt au niveau de la charge de travail et du manque d'effectif. Il conclut « Il y a des personnes qui essayent de tenir le coup en donnant tout ce qu'elles peuvent, merci de ne pas sous-estimer leur travail, en faisant croire qu'elles abandonnent la population».

 

« Ils ne veulent pas travailler avec nous »

 

Sur le fond, Alain Besohé (LDB) partage l'analyse de Lionel Naomé : la situation est dans l'impasse et aucun dossier n'avance.

 

Cela fait six mois qu'on n'a pas négocié. Je constate qu'ils ne veulent pas travailler avec nous. Ils préfèrent essayer de se rabibocher entre eux. J'en prends acte, nous, on travaille sur 2024. Qu'est-ce que vous voulez faire en deux ans de toutes façons ?

Est-ce que la petite idée de Lionel Naomé pourrait faire bouger les choses et ramener les deux « grands » groupes à se parler ? Il faudra, d'abord, qu'elle convainque les ténors de la liste ID ! avant d'être proposée aux autres groupes du conseil communal.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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