Informatique

Cybersécurité : les petites communes, cibles des hackers

publié le:18/04/2025 17:23:00 - mis à jour: 20/04/2025 12:45:11

Photo d'illustration

Nos communes sont-elles menacées par une cyberattaque ? La réponse est oui. Et la menace est plus forte aujourd’hui qu’hier. L'actualité le prouve avec les récentes attaques au SPW et à Jemeppe-sur-Sambre.

Quand on parle de cybersécurité, le climat est loin d'être serein dans notre région. La preuve : les quelques communes de notre arrondissement que nous avons contactées ont préféré rester anonymes pour notre reportage. Car oui, la menace d'une cyberattaque est bien réelle pour l'ensemble de nos communes, aussi petites soient-elles, comme l'indique Nina Hasratyan, experte en cybersécurité chez Digital Wallonia :

On le voit dans l'actualité : les plus petits acteurs sont souvent les cibles privilégiées des cyberattaquants. Ils les considèrent comme plus faciles à atteindre et, en cas de ransomware, par exemple, plus enclins à payer rapidement.

François Laureys, chef de projet “NumeriC” au BEP, nuance néanmoins cette analyse :

Je pense qu'elles ne sont ni plus ni moins ciblées que d'autres. Des statistiques récentes en France montrent que les collectivités locales représentent 20 % des attaques, contre 38 % pour les PME. Ce qu'on observe, c'est une industrialisation croissante des attaques. Les pirates scannent massivement et ciblent ensuite ceux qui sont les plus vulnérables, sans nécessairement savoir de qui il s'agit au départ. 

Vol de données et blocage de système

Mais concrètement, lorsqu'un hacker s'introduit dans le système informatique d'une commune, que peut-il y faire ? Que peut-il y voler ? Nina Hasratyan précise :

Ils peuvent intercepter toutes les données transitant par ces administrations : les données d'identité des citoyens, entre autres. Ils peuvent aussi s'attaquer aux infrastructures pour en bloquer le fonctionnement, ce qui est évidemment préjudiciable. Parfois, leurs motivations peuvent aussi être géopolitiques.

Pour lancer leurs attaques, les hackers exploitent la moindre faille dans une infrastructure informatique. On parle alors, de manière imagée, de “portes ouvertes”. Depuis deux ans, le BEP met à disposition des communes namuroises un outil de simulation de cyberattaque. Son objectif : détecter les brèches dans les systèmes. François Laureys explique :

Les cyberattaquants scannent les infrastructures pour repérer les plus faciles à pénétrer. De notre côté, on fait la même chose, mais avant eux. Tous les trois mois, nous passons au crible les systèmes informatiques des communes et leur remettons un rapport qui pointe les portes restées ouvertes.

"1.000 portes ouvertes dans la Province de Namur"

Et selon François Laureys, la situation actuelle dans la Province de Namur est particulièrement préoccupante :

Ce vendredi matin, nous avons relevé 1.000 "portes et fenêtres" ouvertes dans l'ensemble des communes de la Province. Fermer ces accès n'est pas simple. C'est pourquoi, via une centrale de marché, nous mettons des experts à disposition des communes pour les aider.

Les communes que nous avons pu joindre ce matin affirment mettre en place une série de mesures pour limiter les risques. Certaines investissent même dans du matériel plus performant pour renforcer leurs systèmes. Car aujourd'hui plus que jamais, et l'actualité le confirme, elles se sentent particulièrement exposées à la menace d'une cyberattaque.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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