Enseignement
Des cours de langue pour les élèves primo-arrivants à l'Athénée Royal de Beauraing
publié le:20/11/2024 12:00:00 - mis à jour: 20/11/2024 16:43:05
À l'Athénée Royal de Beauraing, Julie Parizel enseigne la langue française à une classe DASPA, le dispositif d'accueil et de scolarisation pour les primo-arrivants. Elle partage un lien unique avec ses élèves.
Un cours de français plutôt inhabituel se déroule à l'Athénée Royal de Beauraing. Plusieurs jeunes de nationalité étrangère apprennent à écrire les verbes se finissant par -er. Ils font partie d'une classe DASPA, le dispositif d'accueil et de scolarisation pour les élèves primo-arrivants, explique leur professeure, Julie Parizel.
Ce sont des élèves qui ont quitté leur pays d'origine pour des raisons diverses, souvent à cause des guerres. Ils sont venus en Belgique pour y habiter et ont introduit une demande de protection internationale. En attendant la décision positive ou négative, ils ont l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans, comme les élèves belges.
Chaque semaine, ces jeunes suivent 28 heures de cours de Mathématiques, de Sciences et de Français intensif. Avec leur professeure, ils apprennent les bases de la langue en totale immersion. Malgré la difficulté de la langue française, les élèves semblent particulièrement impliqués dans cet apprentissage, remarque Julie Parizel.
La plupart comprennent la nécessité d'apprendre la langue. Mais, évidemment, ce n'est pas une généralité, car ils ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Certains se demandent pourquoi apprendre la langue si on leur demande ensuite de rentrer dans leur pays.
Une relation qui dépasse le rôle d'enseignant
La situation et le vécu de chaque élève sont parfois difficiles à gérer pour la professeure de Français, car elle noue un lien unique avec eux. En plus d'être leur enseignante, elle joue aussi en quelques sortes le rôle de maman.
Je suis professeure, mais je ressens aussi le besoin de materner les élèves, parce que certains n'ont pas la chance d'avoir leur maman et leur papa à leurs côtés. Cette année-ci, j'ai la chance d'avoir des jeunes qui vivent avec leur famille et qui n'ont donc pas de manque maternel.
Julie Parizel enseigne le Français langue étrangère depuis plus de dix ans. Elle donne aussi cours de Français aux classes traditionnelles, mais c'est avec ses classes DASPA qu'elle trouve le plus de sens dans son métier.
Je pense que le jour où on m'enlèvera cette classe de mon horaire, je serais extrêmement triste et je ne suis pas sûre que je continuerais ma carrière en tant que professeure, parce que c'est ça qui me nourrit.
Chaque année, c'est d'ailleurs une petite déchirure pour la prof. Car après 10 mois dans une classe DASPA, les élèves primo-arrivants intègrent une classe traditionnelle. Ils disent donc au revoir à leur professeure de Français pour voler de leurs propres ailes.