Agriculture
Des producteurs d'oeufs bio obligés d'augmenter leurs prix à cause de la guerre en Ukraine
publié le:18/03/2022 00:00:00 - mis à jour: 18/03/2022 15:12:54
La flambée des prix de l’énergie et des céréales se fait déjà sentir chez les agriculteurs. Dans une ferme de Thynes (Dinant), les fermiers n’ont d’autre choix que d’augmenter le prix de leurs productions.
Les conséquences indirectes de la guerre en Ukraine sont déjà visibles dans les achats alimentaires des Belges. Suite à la guerre qui fait rage dans ce pays gros exportateur de céréales, les échanges commerciaux sont au point mort et sans cet apport, la loi de l'offre et de la demande entraîne une augmentation des prix.
La ferme Pesesse à Thynes (Dinant) produit des œufs bios. Pour nourrir la volaille, Julien Pesesse dépend des prix du marché : aujourd'hui, il achète une partie des aliments pour nourrir ses animaux plus chers. À cela, il faut ajouter tous les coûts annexes à la production d'aliments. Les agriculteurs subissent aussi de plein fouet l'augmentation du prix du carburant, mais aussi des engrais pour leurs cultures. Leur seule solution est de se serrer la ceinture:
Les prix montent et il faut s'adapter. Au niveau des cultures, certains agriculteurs décideront peut-être de mettre moins d'engrais. Pour les bovins, on peut essayer de diminuer la part de céréales. Chacun gère un peu à sa manière. Pour la volaille par contre, on n'a pas le choix. Plus de 70% de l'alimentation de la volaille, ce sont des céréales, donc on n'a pas le choix que de payer le prix fort.
Julien Pesesse a la chance de produire ses céréales. Cette production permet à l'agriculteur de limiter les coûts entraînés par la crise ukrainienne d'autant qu'il vend une partie de sa récolte :
On utilise nos céréales pour nourrir les bovins, les veaux surtout. On leur donne un mélange de maïs, de luzerne, de betterave fourragère et d'herbe qu'on a fauché l'année dernière.
La Commission européenne planche sur des «mesures exceptionnelles» pour limiter la casse pour les éleveurs, quitte à, peut-être, aller contre les objectifs plus vert du secteur. En attendant des décisions des hautes instances, le fermier dinantais doit augmenté le prix de ses oeufs.