Médias

Deuxième feu vert à la réforme : Matélé réfute la justification de Jacqueline Galant

publié le:28/11/2025 12:24:00 - mis à jour: 30/11/2025 14:42:12

Photos : Belga et Matélé

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé, en deuxième lecture, le projet de réforme des médias de proximité. Il le qualifie désormais de « sauvetage », un terme que conteste Matélé.

De « pièce à casser » à une approbation en deuxième lecture, le texte de la réforme des médias de proximité qui prévoit le passage de 12 à 8 médias, poursuit inexorablement son chemin, malgré une forte mobilisation dans le Hainaut et le Namurois, les deux provinces concernées par les fusions. 

 

Ce vendredi, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé en deuxième lecture la réforme portée par la ministre Jacqueline Galant (MR). Le narratif a néanmoins évolué : la majorité parle désormais de « sauvetage ». Par voie de communiqué, Jacqueline Galant explique : 

 

Il apparaît désormais au grand jour que, dans plusieurs régions, les pouvoirs locaux ne sont plus en mesure de financer durablement leur média de proximité. Voilà un an que j'alerte : l'écosystème actuel n'est plus soutenable, et ce bien avant l'arrivée de ce Gouvernement. Il est crucial que chacun adopte une vision à long terme : sans réforme courageuse de l'écosystème, sans regroupement des plus petits acteurs, sans adaptation de leurs structures pour intégrer de manière stable du financement privé, c'est l'avenir même de cet écosystème qui est menacé. 

De son côté, Laurent Costantiello, le Directeur général de Matélé rejette ce terme de « sauvetage » : 

 

Contrairement à ce que suggère l'intitulé même de cette réforme, Matélé ne se trouve pas en situation de détresse financière nécessitant un quelconque sauvetage. Au contraire, c'est la réforme de Madame Galant qui nous met en danger. Notre média fonctionne, remplit ses missions de service public, et maintient un équilibre budgétaire sain. Nous sommes pleinement conscients du contexte budgétaire que traverse la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous avons d'ailleurs été parmi les premiers à accepter une contribution proportionnelle aux efforts demandés.

Quelle couverture des zones rurales ? 

 

Face aux inquiétudes des citoyens attachés à l'information locale, la ministre Galant continue d'assurer que le passage de douze médias à huit n'entraînera pas de baisse de la couverture des régions excentrées puisque les médias « devront assurer la couverture complète de leur nouveau territoire ». Cette assurance est loin d'être partagée par Céline Sérusiaux, la rédactrice en chef de Matélé : 

 

« Couverture », ça ne veut rien dire pour moi. Si on traite l'actualité d'une commune une fois par mois, peut-on dire que cette commune est « couverte » ? Tant que je n'aurai pas de garantie qu'on peut maintenir le même nombre de journalistes, un même maillage des « petites » communes et la même connaissance des enjeux hyper locaux, je ne croirai pas au maintien d'une couverture identique pour les régions rurales. A centraliser les rédactions, on prend le risque de perdre la proximité et de n'avoir plus qu'un regard urbain sur les campagnes. 

Aucune garantie financière 

 

Le Gouvernement promet aussi qu'il soutiendra financièrement les projets de rapprochement entre médias de proximité à hauteur d'un montant maximum de 1,2 million d'euros. Un chiffre qui ne rassure pas Laurent Costantiello puisqu'aucune information n'est donnée quant aux financements futurs des nouvelles entités ainsi créées :

 

Une fusion imposée fragiliserait le modèle qui fait aujourd'hui notre force : un ancrage territorial fort, des partenariats locaux solides et une proximité avec nos annonceurs régionaux. À cela s'ajoute l'incertitude totale sur le financement des futurs pôles : aucune garantie n'est donnée quant aux moyens qui seront alloués aux structures issues des fusions. En nous obligeant à nous diluer dans une structure élargie aux contours financiers flous, cette réforme risque de détruire l'équilibre que nous avons construit.

Petite avancée tout de même, pour répondre à une des critiques émises par le CSA, le texte de la réforme ne prévoit plus le retour des bourgmestres et échevins dans les conseils d'administration des médias de proximité. 

La rédaction

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