Les syndicats des médias de proximité avaient rendez-vous avec la ministre Jacqueline Galant. Double déception : la ministre n’était pas là et la réforme a été examinée en 2e lecture au gouvernement.
Tenues à l'écart des négociations depuis l'annonce du projet de réforme des médias de proximité, les organisations syndicales avaient décroché un rendez-vous ce vendredi matin au cabinet de la ministre Galant.
À l'arrivée, deux surprises de taille attendaient la délégation : l'absence de la ministre et une nouvelle évolution dans le dossier. Alors que ni les directions des MDP, ni les travailleurs n'avaient été prévenus, la réforme était examinée ce vendredi même en deuxième lecture au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un double camouflet que déplore Vinciane Convens, Secrétaire nationale CNE, secteur socio-culturel :
On nous avait annoncé que la ministre serait là, on était très étonnés qu'elle ne soit pas là, très étonnés aussi d'apprendre que c'est le jour même de la deuxième lecture que nous sommes finalement reçus. Il y a déjà eu une pièce à casser, il y a déjà eu un passage en première lecture et le jour du passage en deuxième lecture, nous sommes reçus sans avoir la chance de rencontrer la ministre, donc nous le regrettons.
Les travailleurs pas concertés
Des membres du personnel avaient également fait le déplacement à Bruxelles. Depuis l'annonce de cette réforme, les travailleurs réclament d'être associés aux négociations. Sabrina Gervasi, secrétaire régionale SETCA Centre, explique l'objectif de cette rencontre :
L'objectif premier, c'était d'être rencontrés parce que depuis le début, la mise en place de cette réforme, les représentants des travailleurs n'ont absolument pas été concertés. Donc premièrement, nous voulions absolument apporter notre point de vue par rapport à cela et obtenir des infos concernant le fond de cette réforme qui pour nous est imbuvable.
Les représentants syndicaux étaient venus avec beaucoup de questions, mais au final, ils sont repartis avec peu de réponses concrètes, explique Sabrina Gervasi :
On n'est pas satisfaits du tout parce que finalement, on nous explique qu'il ne s'agit pas vraiment d'une mesure économique. Certes, il y aura des économies suite à cette mesure, mais ce n'est pas le fond de la réforme. En tout cas, l'objectif premier n'est pas de faire des économies. Pour nous, on ressort d'ici en se disant "mais plus que jamais, c'est une réforme idéologique". On ne comprend pas aujourd'hui la plus-value de la mise en place de cette réforme.
Même sentiment du côté de la CNE :
La raison même de la réforme n'est toujours pas claire et on avait besoin d'éléments factuels sur lesquels le cabinet se serait basé pour dire que cette réforme est nécessaire. Toujours rien à ce jour.
Prêts à être impopulaires
Ces dernières semaines, des rapports d'experts ont été publiés sur ce projet de réforme comme celui du CSA. Des rassemblements citoyens d'ampleur pour Matélé, Notélé ou encore Antenne Centre ont aussi fait vibrer plusieurs régions. Des éléments qui pourraient alimenter la réflexion, espère Sabrina Gervasi :
Les citoyens tiennent à leur télévision et l'ont prouvé dans différents endroits. Ce à quoi ils répondent, qu'ils en sont conscients. Et qu'effectivement, ils savent que ce n'est pas une réforme qui va les rendre populaires, qu'ils risquent de perdre des électeurs, mais qu'ils en prennent le risque.
Pour les organisations syndicales, la pression reste de mise et les prochaines échéances seront déterminantes.
Reportage : Manuela Pintus et Nicolas Elet (Antenne Centre)