Le conseil communal de Dinant a prévu une enveloppe de 25.000€ pour aider les clubs et les associations à payer les surcoûts liés aux factures d’électricité.
Dans le cadre d'une modification budgétaire, l'opposition dinantaise par la voix de Victor Floymont a proposé de réserver une enveloppe de 25.000€ pour aider les clubs sportifs à payer les surcoûts liés aux factures d'électricité. Rapidement, la proposition a été étendue à l'ensemble des associations et non aux seuls clubs sportifs.
Le débat, serein, qui a suivi la proposition de Victor Floymont est intéressant : il illustre la difficulté pour les pouvoirs publics communaux de savoir où placer le curseur de l'aide dans le cadre de cette crise énergétique.
Pour bien comprendre, prenons l'exemple du club de football de l'Union Dinantaise dont le président, Omer Laloux, siège comme conseiller de la majorité. Le club est passé d'un acompte mensuel de 500€ à 1950€ avec une facture de régularisation de plus de 2000€. Sachant qu'il est compliqué d'augmenter les recettes d'un club sportif, l'Union Dinantaise a pris des mesures d'économie : elle évite les matchs le soir et a regroupé ses entraînements sur le site de Loyers qui est équipé d'éclairages LED. Malgré ces efforts, pour l'Union Dinantaise comme pour bon nombre d'associations, les factures énergétiques vont plomber le budget.
Où mettre le curseur ?
La proposition de prévoir une enveloppe de 25.000€ pour aider des associations à faire face à la crise énergétique a provoqué trois prises de position de la part du collège dinantais. Exposées sans animosité et, dans un débat portant sur le sport, c'est suffisamment rare que pour être souligné, ces positions vont de « ce n'est pas à la commune de payer les surcoûts » à « il faut aider plus largement » :
Pour Chantal Clarenne, échevine des finances, la commune ne doit pas intervenir :
Je suis défavorable à l'amendement. La solution, c'est que chacun réduise sa consommation pour ne pas devoir payer des primes trop élevées. Si la ville avait une planche à billets, il n'y aurait pas de problème. En 2023, on va être en difficulté, chacun doit assumer. Et puis, où mettre la limite ? Il y a des écoles, hors du réseau communal, qui aimeraient aussi être aidées.
Alain Rinchard, échevin du commerce, pense que l'aide devrait, au contraire, être plus large :
Les commerçants et même les citoyens ont aussi des factures très importantes. Pourquoi se limiter aux associations ?
Thierry Bodlet, bourgmestre, incarne la position médiane :
Il faut réfléchir à ce qu'on inclut dans l'aide. Je ne suis pas partisan que la commune assume l'entièreté du surcoût sinon les associations n'auront pas de raison de faire des efforts si la commune s'engage à payer le surplus. On ne va pas assumer l'entièreté des augmentations mais il faut qu'on prévoie un filet de sécurité pour ne pas que des clubs disparaissent. Moi, je suis favorable à ce qu'on prévoie un budget pour qu'on évite des catastrophes. Mais cela demande une réflexion assez aboutie.
De son côté, l'opposition, à l'initiative de cet amendement, reconnaît que la réflexion est nécessaire mais qu'il est impératif de prévoir un budget dès 2022. L'amendement est finalement voté par l'ensemble du conseil communal à l'exception du groupe PS et de Chantal Clarenne qui se sont abstenus.