#TerroirMonAmour

Dinant: Eric, cultivateur de tomates heureux

publié le:30/06/2020 14:20:00 - mis à jour: 01/07/2020 16:05:56

A Foy-Notre-Dame, j'ai visité "le paradis de la tomate": c'est ainsi qu'Eric Bossart a baptisé ses plantations de tomates. De la "summer of love" à "l'orange russe", 40 variétés cultivées 100% naturellement!

Cet été, Matélé fait sa déclaration d'amour au terroir, et c'est moi qui aurai le plaisir de traîner mes grolles dans les prairies, les champs, les étables, les ateliers et les cuisines. Et je t'emmène avec moi! Première étape: le jardin de la Grelinette à Foy-Notre-Dame (Dinant), auto-baptisé "le paradis de la tomate" par son créateur.

Commençons par l'homme derrière la tomate: Eric Bossart. Il se fait que je connais un peu Eric pour l'avoir croisé plusieurs fois professionnellement par le passé. La dernière fois que je l'ai vu, il était cadre chez Ores. Un beau poste. Un mec motivé et bosseur. Quelques années plus tard, j'apprends qu'il cultive des légumes dans le coin et je me dis in petto "bon courage, mon pote" parce que c'est pas le dernier qui veut regarder pousser ses salades à la crise de la cinquantaine (il y a aussi la variante plus extrême d'élevage de chèvres dans le Larzac mais Eric s'est montré raisonnable). 

"Pas riche mais heureux"

Je continue d'entendre parler de lui parce qu'il m'envoie des mails, il y a une histoire de crowfunding ou de coopérative, je ne sais plus très bien. Par contre, ce dont je me souviens, c'est quand il a annoncé sur Facebook que ses radis étaient prêts. Je lui envoie immédiatement un texto: "je peux venir demain visiter ton potager et goûter tes légumes?" Réponse aussi immédiate: "et comment!"

Je vais te dire un truc: le grand air, la nature, et tout le bazar, ça l'a métamorphosé. Passer du tertiaire au primaire et le voilà bronzé, musclé, heureux. Mais alors là heu-reux! "Pas riche, mais heureux", précise-t-il. Il travaille de 5h30 à 22h tous les jours, il cumule avec un autre job parce que l'agriculture ça ne nourrit pas son homme tout de suite (enfin si, mais tu m'as compris), et il s'éclate.

Summer of love

Je te passe les détails, mais on a surtout parlé tomates. Un jour on lui a offert des plants de tomates et il est tombé amoureux. Là-dessus, il en cultive plein de variétés différentes: 40 en tout. Cela paraît beaucoup mais j'ai appris qu'il y en avait 14.000 variétés au monde. J'ai un peu le sentiment qu'il achète certains plants juste pour la beauté du nom, sans trop savoir à quoi s'attendre, comme la variété "summer of love" (qu'il prononce d'ailleurs "seummeur of leuve", je t'invite à regarder la vidéo pour le plan langue).

Eric cultive ses tomates et tout le reste en 100% naturel. Il n'y a pas un seul produit phytosanitaire qui entre sur son terrain. Entre les tomates, il fait pousser des tagettes et des basilics de folie pour éloigner les mauvais esprits et accessoirement les insectes, il a aussi installé une ruche de bourdons A L'INTERIEUR de la serre parce qu'il y a une bonne symbiose avec les tomates, il va bientôt implanter des larves de coccinelles, bref il est à fond dans le trip nature, je suis sûr que ses rêves sont peuplés de bourdons géants qui parlent aux tomates. Mais j'ai aussi apprécié son commentaire suivant qui montre bien qu'il n'est pas sectaire!

A ma petite échelle, je constate que la culture en biodiversité est déjà difficile. Alors quand on a des hectares, cela doit être très compliqué. Je dis souvent aux visiteurs que je n'oppose pas l'agroécologie à l'agriculture traditionnelle, ce sont des personnes qui travaillent énormément, qui rencontrent vite des problèmes financiers, ils savent que les produits qu'ils utilisent ne sont pas toujours idéaux mais il faut respecter tous les agriculteurs qui ont un rôle essentiel et fondamental qui est de nourrir les gens.

 

Eric s'est aussi lancé dans la vente d'olives. Pas très "terroir", tu me diras, mais tu as tort car tout est lié:

Je me suis passionné pour les olives d'Andalousie. La région a la réputation de mettre du produit sur tout ce qu'elle produit mais ce village de montagne est à part: c'est Canillas de Aceituno, dans la Sierra Tejeda. Ce sont des cultures qui passent de génération en génération, et il n'est pas question de mettre un seul produit chimique dessus. L'exemple type: les olives produites en coopérative qui donnent une huile magnifique. Ramener leurs olives et leur huile, c'est un projet qui me rend heureux. C'est un peu de l'échange nord-sud: dans les villages, ce ne sont pas des personnes qui sont riches, alors partager leurs produits à des Belges qui ont un peu plus de moyens, cela a du sens pour moi.

Le moment de la dégustation est arrivé: j'ai eu l'immense privilège de déguster les toutes premières tomates d'Eric, lui-même ne les avait pas encore goûtées! On a coupé les tomates en rondelles, on les a d'abord savourées nature, puis avec des feuilles de basilic citronné et de basilic anisé, et enfin avec de l'huile d'olive. Explosion totale en bouche. Parfait! Rien à voir, mais rien à voir mais alors là rien à voir avec les kumato standardisées de ta grande surface préférée.

Voilà, si tu cherches des bonnes tomates cet été et l'huile d'olive pour accompagner, la question elle est répondue comme dirait l'autre! Les tomates seront arrivées à maturité vers la mi-juillet, mais il y a aussi les radis, les olives, les basilics...

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>> Save the date: le 6 septembre, Foy-Notre-Dame fêtera la tomate

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