Dinant: l'embargo russe n'atteint pas encore les Vergers Mosans
publié le:02/09/2014 16:47:43 - mis à jour: 03/09/2014 09:06:14
Quel rapport entre la situation en Ukraine et les vergers de nos régions ? Il est loin d’être anodin depuis que la Russie a décrété un embargo sur une série de produits agricoles. Premiers concernés : les fruticulteurs. Géopolitique du fruit en vallée mosane.
Aux Vergers et Ruchers Mosans, une petite exploitation familiale sur les hauteurs de Dinant, la cueillette des pommes et des poires vient de commencer. Une petite équipe de saisonniers s'affaire entre les lignes de Jonagold, d'Elstar et de Melrose. Une autre s'occupe du triage. La crise ukrainienne semble bien loin de préoccuper Olivier Rommel et son équipe. Car ici, on pratique surtout le circuit court. Et comme l'avoue d'emblée le patron, « les pommes et les poires, c'est mon treizième mois… » La vente de matériel d'apiculture constitue en effet aujourd'hui l'activité principale de la maison.
Aux Vergers et ruchers mosans, on n'a donc pas mis tous ses œufs dans le même panier. Les pommiers et les poiriers sont d'essences différentes. Ainsi, une catastrophe dans les poires ne remet pas en cause la production de pommes, et vice-versa. De plus, les clients de ce genre d'exploitation privilégient surtout les qualités gustatives avant le prix, forcément moins « compressé » qu'en grandes surfaces. Enfin, Olivier Rommel a fait la pari de "rester petit" pour ne pas être soumis aux aléas de la grande distribution. Sur les 11 hectares de la ferme, seuls six sont plantés en fruitiers. le reste est loué à un agriculteur voisin.
En seconde ligne
Pourtant la crise pourrait bien finir par rattraper les Vergers Mosans. La trop grande quantité de fruits disponibles suite à l'arrêt des exportations vers la Russie pourrait en effet conduire à une chute brutale des prix. Si Olivier Rommel est confiant dans la fidélité de ses clients, il sait aussi que certaines petites surfaces de la région, qui vendent ses produits, pourraient s'en détourner. Mais cela n'est rien à côté de la catastrophe vécue par les gros producteurs : une bonne partie de leurs fruits resteront sur les arbres cette année. Ou bien seront cueillis en pure perte pour être immédiatement détruits. Objectif : éviter que le marché ne s'effondre totalement.
Tout cela, dit-il, c'est la conséquence d'une course aux rendements qui a fait en sorte que certains ont tablé uniquement sur le marché russe ; finissant par ne plus cultiver que des poires Conférence à destination du seul marché russe. Un modèle qui montre aujourd'hui ses limites. Le modèle des Vergers Mosans, celui du circuit court, s'imposera-t-il pour autant ?