Dinant : la rénovation de la cour de l’Hôtel de Ville suscite la polémique

publié le:12/07/2016 13:37:11 - mis à jour: 12/07/2016 14:56:02

Le conseil communal de Dinant a voté ce lundi, majorité contre opposition, la première phase du parcours administratif qui mènera à la rénovation de la cour de l’Hôtel de Ville.

La cour de l'Hôtel de Ville de Dinant va subir un profond lifting. Il est question de renouveler le sol avec un pavé similaire à celui employé le long de la Croisette, de réparer les murs latéraux et de terminer la clepsydre. L'œuvre de Bernard Tirtiaux présente dans la cour depuis février 2014 est en effet incomplète : elle devait normalement prendre place dans une fontaine, l'eau ruisselant le long du saxophone. Il a aussi été décidé que la clepsydre resterait dans la cour et non sur la Croisette comme ça devait être le cas, l'Hôtel de Ville n'étant, au départ, qu'une solution provisoire.

Quelles solutions pour le parking ?

La cour de l'Hôtel de Ville conservera uniquement sept places de parking, toutes réservées aux citoyens. Le personnel communal, les Echevins et le Bourgmestre seront priés d'aller se garer ailleurs. Là, se situe la première pierre d'achoppement entre majorité et opposition. Axel Tixhon, pour le cdH, lance le débat :

« C'est la question du fondamental et de l'accessoire. C'est un beau projet mais l'Hôtel de Ville est d'abord un outil administratif au service des citoyens. »

Le Bourgmestre réplique qu'actuellement, il n'y a jamais sept places disponibles pour les citoyens. John-Laurent Nève (Ecolo) qu'on a rarement vu aussi fougueux, s'énerve :

« Je suis évidemment d'accord qu'on enlève les voitures mais ce qui guide le projet, c'est faire tourner les autos autour de la clepsydre. Ce projet n'est pas une extension de l'espace public comme espéré, c'est juste de l'apparat. Et puis, vous enlevez les voitures du personnel communal mais vous proposez quoi comme alternative ? »

Richard Fournaux affirme qu'il a son idée pour que le personnel puisse garer sa voiture ailleurs mais refuse d'en dire plus, « pour ne pas faire monter les enchères ». On finira par apprendre que la Ville pourrait créer une trentaine de places de parking au pied de la falaise de Mont-Fat. Selon nos informations, plusieurs solutions devraient être combinées pour que tous les membres du personnel et du Collège trouvent à se garer : outre le bas de Mont-Fat, huit places viennent d'être créées Esplanade Princesse Elisabeth (près du Centre culturel) ; les places de la rue Saint-Martin (le long de l'Hôtel de Ville) pourraient aussi leur être réservées.  

 « Croire qu'il suffit de remplacer quelques pavés, c'est de la couillonnade ! »

Reste la question du budget qui est, évidemment, le deuxième grief de la minorité. La rénovation de la cour de l'Hôtel de Ville est estimée à 400.000€, la moitié à charge de la Ville, l'autre subsidiée dans le cadre du PIC, le Plan d'investissement communal.

La minorité, toutes tendances confondues, trouve que cela fait beaucoup d'argent et qu'il y a d'autres priorités. Le Bourgmestre réplique :

« Croire qu'il suffit de remplacer quelques pavés, c'est de la couillonnade ! La pente de la cour est inclinée dans le mauvais sens, c'est pour cela que nous avons des problèmes d'humidité. Il faut refaire toute l'assise de la place. »

Omer Laloux (cdH) demande alors pourquoi ce projet n'a pas fait l'objet d'un concours d'architecte, « c'est le bâtiment le plus emblématique du centre, il le méritait bien ». Le Bourgmestre réplique qu'il est tenu par les délais. En effet, pour ne pas perdre les 200.000€ du PIC, la Ville est tenue d'attribuer le marché avant le 31 décembre 2016. John-Laurent Nève qui ne décolère pas, conclut :

« C'est bien ça le problème ! Le projet n'est pas mûr, on fait ça pour ne pas perdre des subsides. »

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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