Agriculture

Dinant : Quel avenir pour les Vergers et Ruchers Mosans ?

publié le:08/09/2023 16:37:00 - mis à jour: 10/09/2023 00:43:35

La récolte de pommes s'annonce mauvaise en Belgique cette année. Aux Vergers Mosans c'est aussi le cas. Le producteur, proche de la pension, ne sait plus quoi faire pour éviter de voir dépérir son exploitation.

Rouges ou vertes, sucrées ou acidulées, 2023 n'est pas une bonne année pour les pommes. En moyenne, les vergers auraient produit 15% de moins que l'an dernier. Une mauvaise production due à un printemps pluvieux mais aussi au phénomène d'alternance, explique Olivier Rommel, responsable des Vergers & Ruchers Mosans.

L'année passée, on ne savait pas quoi faire des pommes Elstar tellement que nous en avions. Les arbres se sont donc épuisés à force de produire l'année passée et donc cette année, ils se reposent. Ils sont rentrés dans une alternance. C'est pas compliqué, comme tout être vivant, comme nous, quand on travaille beaucoup une journée, le lendemain, on se repose.

“Il va falloir se serrer un peu la ceinture”

Les vergers d'Olivier Rommel, ne font pas exception. L'agriculteur estime qu'en septembre, il ne récoltera qu'un quart de sa production habituelle. 

Cette année-ci, il n'y aura pas beaucoup de pommes donc il va falloir un peu se serrer la ceinture. Heureusement, nos abeilles ont bien travaillé donc nous avons une bonne récolte de miel qui va nous rapporter de l'argent. Ce n'est pas toujours simple de vivre de la nature. Il y a des années creuses et d'autres plus riches.

Réinvestir dans son verger ?

Dans son verger de 7 hectares, plus de la moitié des pommiers sont âgés d'une dizaine d'années et sont donc plus susceptibles de vivre des saisons creuses. La solution pour Olivier Rommel serait de planter de jeunes arbres vigoureux. Pourtant, le producteur explique ne plus vouloir investir dans sa culture.

J'ai 61 ans, mes enfants ne reprendront pas le verger. De plus, je ne suis pas sûr que la personne qui reprendra cette affaire dans les quelques années à venir, soit intéressée par la culture des pommiers, donc je n'ai pas envie de planter de nouveaux arbres pour quelqu'un qui va me demander de les arracher.

Avancer à tâtons

Cette situation est difficile pour Olivier car il ne souhaite pas non plus voir mourir le fruit de 60 années de travail.

C'est compliqué parce que jusqu'ici, on sait où l'on va, je savais ce que j'avais envie de faire et maintenant, je suis un peu en roue libre sans trop savoir où je vais dans les cinq prochaines années. Pourtant, tout ce qui est lié à l'agriculture, ce sont des investissements à long terme, et je ne sais pas si je dois encore continuer.

Le producteur pense donc doucement à passer le flambeau. Il espère trouver un repreneur et est prêt à l'épauler pendant quelques années pour continuer à faire vivre son verger.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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