Le collectif à l’initiative du projet "Val de l'être" veut construire vingt logements sur une prairie de 4,5 hectares à Wespin, sur les hauteurs de Dinant. Ce projet d'habitat partagé se veut social et durable.
C'est sur une parcelle de 4,5 hectares située entre la Meuse et le quartier résidentiel de Wespin que le projet du "Val de l'être" aimerait s'installer. L'objectif est d'y construire une vingtaine de logements, regroupés dans 5 bâtiments, ainsi qu'une salle commune. L'ensemble des constructions sera concentré sur un hectare du terrain, explique Jérôme Desmedt, architecte au bureau Desmedt-Purnelle.
Les bâtiments seront implantés dans la partie la plus plate et la plus haute du terrain. Ils présenteront un niveau semi-enterré pour limiter l'impact visuel pour les maisons voisines. La partie hors-sol des bâtiments sera en structure bois et isolés en paille avec de l'enduis d'argile, pour utiliser un maximum de matériaux naturels et avoir des bâtiments très performants énergétiquement.
L'écologie fait partie des valeurs centrales de ce projet d'habitat groupé. Une bonne partie de l'ancienne pâture à vache sera d'ailleurs préservée dans son état naturel, note Ilona de Haas, qui est à l'initiative du projet "Val de l'être".
Trois-quarts du terrain seront réservés à la nature avec toute une série de projets : des potagers, des arbres fruitiers, de haies, des points d'eau... Toutes sortes d'éléments qui vont permettre de préserver la biodiversité.
Des habitants de 0 à 99 ans
C'est un collectif de 8 personnes, dont 6 adultes et 2 enfants, qui est à l'origine du projet et propriétaire de la parcelle, via une fondation. Ce groupe de néo-ruraux originaires de Bruxelles ou du Brabant wallon a été charmé par l'aspect social et intergénérationnel de l'habitat groupé. David Steinmetz en fait partie.
Ce qui me parle beaucoup, c'est de prendre le temps. Dans la société actuelle, on n'a pas le temps de s'occuper des enfants, donc on les met devant la télévision. On n'a pas le temps de s'occuper des aînés, donc on les met dans des homes. C'est un peu dommage. Ici, le côté intergénérationnel fait qu'on peut offrir des moments de qualité aux enfants et aux aînés.
Marie-France André a travaillé dans la capitale toute sa vie. Elle est pensionnée depuis trois ans et vient d'intégrer le projet du "Val de l'être".
Je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup travailler la terre, mais mes forces diminuent. Je ne saurais pas m'occuper d'un potager toute seule. Ici, on le ferait ensemble. On partage des moments et on crée des liens très forts.
S'intégrer dans l'environnement
Le "Val de l'être" est à la recherche de nouvelles familles pour agrandir son collectif. Il projette aussi de créer un comité des voisins au sein du village, explique Ilona de Haas.
Nous souhaitons participer à la dynamisation du quartier et s'engager dans la vie locale. Contrairement à un projet de promoteur immobilier, ce projet est porté par un collectif citoyen. Nous avons donc envie de rencontrer les personnes avec qui nous allons habiter.
Au sein du quartier, certains riverains manifestent des inquiétudes quant à la circulation et les risques d'inondations que ce complexe immobilier pourrait apporter. Mais Jérôme Desmedt se veulent rassurant.
Dans tous les projets immobiliers, aujourd'hui, on est obligés de mettre en place des dispositifs comme des systèmes d'infiltration d'eau dans le sol. Et puis les eaux de pluie seront récoltées dans des citernes, ce qui va limiter la quantité d'eau qui va s'écouler en aval.
Une réunion publique est organisée le 10 février. Suite à cela, les riverains pourront envoyer leurs remarques par écrit et l'étude d'incidence pourra commencer, puis la demande de permis pourra être introduite. Si le projet suit son cours, le Val de l'être pourrait voir le jour d'ici 2027.
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