Economie

Dossier : l'entrepreneuriat en difficulté, 100.000 cessations d'activité en 2023

publié le:21/06/2024 14:39:00 - mis à jour: 21/06/2024 18:40:14

L'entrepreneuriat n'est pas un long fleuve tranquille. Ce secteur a accusé pas mal de coups ces dernières années, pourtant ils sont toujours aussi nombreux à vouloir tenter l'aventure.

Plus de 100.000 entreprises belges ont cessé leurs activités en 2023. C'est ce que rapporte l'UCM dans sa dernière étude sur l'entrepreneuriat. C'est un nombre record. Il faut dire que ce secteur a été mal mené ces dernières années. Nous sommes retournés voir deux indépendants que nous avions suivis au début de leur activité il y a quelques années pour refaire le point avec eux.

Deux récits d'indépendants

Céline Melchior et Benoit Fischback sont deux indépendants rochefortois. Ils ont chacun lancé leur entreprise il y a quelques années, l'une dans la préparation de repas en bocaux et l'autre dans l'événementiel. Ils ont tous les deux choisi l'entrepreneuriat, une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille atteste Céline Melchior, gérante de "Dans mon bocal".

Les trois premières années sont dures. Après, ça s'est bien lancé et ça m'a permis d'acheter. Ensuite, je n'ai pas eu de chance avec les inondations. Maintenant, je recommence vraiment à zéro. Il faut du temps et du courage. 

Benoît Fischback de l'entreprise WAD, raconte avoir aussi serré les dents un moment.

Au départ, c'est compliqué, car j'ai commencé en plein covid. Pendant deux ans, les événements étaient annulés. Après, nous avons eu les effets de la guerre en Ukraine et la hausse du prix de l'énergie. C'était catastrophique. 

Surmonter les épreuves

Du côté de Benoit Fischback, les affaires ont mis du temps à démarrer, mais semblent maintenant bien lancées. Pour Céline par contre, pas facile de se remettre des inondations. Elle ne sait pas encore si elle poursuivra son activité l'an prochain.

Je refais le point fin d'année. Je vais voir si ça évolue parce que ça devient lourd et difficile. Je me rassure en me disant que je suis déjà passée par là, que ce n'est pas la première fois, il faut juste que je retrouve un peu de motivation.

Une belle expérience

Avant de sauter le pas, les deux indépendants rochefortois ne s'attendaient pas à rencontrer autant de difficultés. Mais pas de regrets, l'expérience reste enrichissante, raconte Céline Melchior.

Être indépendant, c'est porter plusieurs casquettes. On ne s'en rend pas forcément compte, mais il faut tout savoir faire. Moi, mon métier, c'est de cuisiner, mais je dois aussi faire du marketing, du démarquage, je dois créer des étiquettes, plus faire l'administratif... C'est compliqué.

Un constat que partage Benoit Fischback :

C'est une charge énorme, mais cela reste du plaisir au quotidien. C'est énormément de travail, on ne compte pas ses heures. J'adore, car je crée, ça me permet de mieux réfléchir, c'est vraiment du plaisir !

Plus qu'un métier, être entrepreneur est l'engagement de toute une vie. En Belgique, plus d'un million de travailleurs indépendants font vivent cette aventure au quotidien.

100.000 cessations d'activité en 2023

En Belgique, on compte 9 entrepreneurs inscrits chez UCM pour 1000 habitants. Ils sont un peu moins en province de Namur, il y aurait un peu plus de 7 pour 1000 habitants. Un nombre qui augmente, mais l'UCM tire quand même la sonnette d'alarme. Pour comprendre pourquoi, on doit se pencher sur quelques données. Par exemple, en 2019, 3.700 entreprises ont été créées en Province de Namur, 5 ans après, elles sont 1.200 a avoir arrêté leur activité. C'est près d'une affaire sur trois. Le phénomène n'est pas unique à notre province. En Belgique, en 2023, il y a eu 100.000 cessations d'activité. Détails et explications en plateau.

 

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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