L'Horeca engage du personnel non qualifié et... le forme sur le tas! Témoignages à Dinant Chez Bouboule, au Saxophone, à L'Escale...
À Dinant, dans les cuisines du restaurant « Chez Bouboule, le roi des moules », depuis la réouverture complète de l'horeca en juin dernier, Bruno Laloux, le patron, est seul aux fourneaux. Deux de ses employés ont quitté leur poste pour des raisons diverses. Il s'est donc retrouvé seul au tout début de la haute saison et ses tentatives pour recruter du monde n'ont rien donné, selon le patron:
Je suis passé par le Forem, par de l'intérim, par les réseaux sociaux, mais je n'ai trouvé personne qui soit valable on dira.
Le mot est lâché: « valable ». hé oui, c'est la difficulté première des patrons de restaurants. Il y a du travail, mais peu de personnes qui soient capables d'assumer la mission. Ce constat, le gérant du restaurant « Le Saxophone » en a aussi fait l'amère expérience. Ismail Kazankaya a vécu une saison compliquée où il a dû embaucher des saisonniers non qualifiés:
On est obligé de travailler avec des personnes qui ne sont pas formées dans l'horeca. Il faut tout leur apprendre et en pleine saison, c'est pas évident. Il faut tout le temps dire: "fais attention à la table-là, essaie de reproduire à chaque fois le même plat", ce n'est pas facile.
Évidemment, la crise sanitaire est l'explication avancée par les professionnels pour expliquer cette situation. Leurs collaborateurs ont découvert les joies des week-end en famille durant le confinement, dès lors il était pour certains impossible de revenir à la vie de travailleur dans l'horeca. Ils ont donc gardé le job qu'ils ont trouvé dans un autre domaine, même après l'ouverture des restaurants. "Chez Bouboule", Bruno a décidé de former l'un de ses commis à la cuisine pour avoir de l'aide:
Pour l'instant ça se passe bien, je nous donne encore quatre à cinq mois de formation pour qu'il puisse être prêt.
Les beaux jours s'éloignant, la clientèle sera moins nombreuse, à deux, ce sera suffisant, mais le problème se reposera pour la saison 2022. Néanmoins, tous les restaurateurs ne sont pas confrontés à ce problème. À L'Escale, on n'a pas eu de problème de recrutement. Pour y arriver, le restaurateur a fait jouer son réseau, mais Maxime Legrand sait que ce n'est pas toujours facile:
Beaucoup de personnes qui travaillaient dans l'Horeca sont parties dans le bâtiment. Grâce aux relations qu'on a ici à Dinant, on a pu trouver un cuisinier, mais je sais que ce n'est pas toujours évident à cause de la crise en cours.
Il semble par contre plus facile de recruter des étudiants. Ils n'ont pas pu travailler durant de longs mois et ont besoin d'argent.