Ciney
Echange permis de conduire contre heures de travail: la bonne idée?
publié le:12/03/2019 18:42:00 - mis à jour: 12/03/2019 19:09:45
belga images
Ciney a budgeté 10.000€ pour offrir aux jeunes la formation au permis de conduire, en échange d'heures de travail d'intérêt général. Pour l'opposition, cela revient à faire travailler des jeunes sans salaire.
Gadget pour plaire aux jeunes, ou vraie bonne idée? Le projet de la majorité cinacienne ICI ne laisse en tout cas pas indifférent.
Au budget 2019, le Collège a budgeté la somme de 10.000€ pour offrir aux jeunes Cinaciens la formation au permis de conduire. En échange, ceux-ci doivent s'engager à prester un certain nombre d'heures au profit de la collectivité.
Lors du conseil communal, l'opposition s'est montrée extrêmement circonspecte sur ce projet. Pour Ecolo, ce projet est incompréhensible. Patrick Dupriez:
En fait, il s'agit d'une politique de jobs étudiants payés par des heures d'auto-école plutôt que par un salaire! J'ai un doute sur la légalité du dispositif, et puis sur le principe, on va peut-être financer des permis de conduire pour des jeunes de familles qui n'ont pas besoin de cette aide.
Pour le groupe Action, le doute n'est pas permis. Cécile Clément:
J'ai demandé au contrôleur ONSS ce qu'il en pensait, il a bien rigolé. Il n'y a pas de statut pour ce genre d'échange.
Autre mesure "jeune" envisagée par la majorité: un budget "intergénérationnel" de 21.000€ pour engager des jeunes cet été et leur faire prester des menus travaux chez les personnes âgées, comme tailler les haies, etc.
Pour Frédérick Botin (Action), il s'agit aussi d'une mesure sans base légale:
En principe, une personne payée avec de l'argent public ne peut pas prester chez un privé.
Pour la majorité, Frédéric Deville a répondu à ces arguments:
L'échange de permis de conduire est une idée novatrice mais nous ne l'avons pas inventée, il s'agit d'une mesure qui existe dans plusieurs communes françaises. Nous avons chargé l'Union des Villes et Communes Wallonnes et à un avocat spécialisé en droit social d'étudier le dispositif légal français et voir comment on pourrait l'implanter chez nous. On va vers l'inconnu, mais on a très envie de la faire. Quant aux étudiants chez les personnes âgées, si on réfléchit bien, toute l'activité d'une commune est de rendre des services aux personnes privées. Nous allons demander des avis sur les bases légales de ces mesures.