Agriculture

"Écoutés mais pas entendus", les agriculteurs vont repartir au front

publié le:04/12/2024 11:00:00 - mis à jour: 04/12/2024 16:59:38

La colère gronde toujours chez les agriculteurs. Après les actions de mars et la récente manifestation à Bruxelles contre le Mercosur, les tracteurs se préparent à repartir.

Malgré les actions, les manifestations et les réunions, presque rien n'a changé dans le quotidien des agriculteurs du pays. Il y a quelques mois, ils pestaient contre la lourdeur des démarches administratives. Aujourd'hui, c'est toujours la même rengaine comme le confirme Édouard Deneil, éleveur à Pessoux, dans le Condroz namurois.

On a l'impression qu'on joue un peu avec nous. Ils ont tenu des belles paroles pour nous faire taire pendant un moment. Mais on a toujours la même quantité de paperasse à remplir. On passe presque plus de temps dans notre bureau qu'à l'étable ou dans les champs. Heureusement que j'ai mes parents qui sont là pour me suppléer parfois. Tout seul, je n'y arriverais jamais. La charge de travail est trop importante.

Parmi les revendications, il y a le fameux "prix juste" aux agriculteurs, pour leur garantir une rémunération équitable. Là aussi, on est loin du compte d'après cet éleveur cinacien.

On avait dit qu'on ne voulait plus vendre à perte. Or, on ne décide toujours pas du prix de vente. On ne demande pas à être riches, on veut juste avoir la reconnaissance de notre travail et être payés au juste prix.

L'accord UE-Mercosur contesté

Tout récemment encore, les agriculteurs étaient dans les rues de la capitale pour manifester contre l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur. Considéré comme de la concurrence déloyale, cet accord est vivement critiqué depuis des mois par les membres de la FJA, la Fédération des jeunes agriculteurs, dont fait partie Édouard Deneil.

À côté de notre viande, on va amener de la nourriture importée du Brésil, un pays où l'élevage est intensif. Ce sont des milliers de bêtes piquées aux hormones et qui ne sortent pas en pâture.


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Enfin, le retour de la maladie de la langue bleue dans les élevages belges, c'est l'étincelle qui met le feu aux poudres. Les agriculteurs ont perdu énormément d'animaux ces dernières semaines.

L'année prochaine, on n'aura pas de bêtes à vendre. C'est malheureux mais les agriculteurs de plus de cinquante ans qui ont perdu vingt ou trente vaches de la langue bleue, ils ne vont pas s'embêter à racheter des vaches pleines. S'il n'y a personne derrière eux, ils vont arrêter.

Ce jeune Cinacien prévient. Si rien ne bouge, l'hiver sera marqué du sceau des agriculteurs.

On ne va plus rester dans nos fermes en attendant que les choses évoluent. Une fois le travail au champ terminé et les bêtes rentrées, on va démarrer !

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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