Il y aura trois ou quatre listes à Hastière en 2018. Toutes ont des chances de rentrer au conseil. C’est une grosse différence par rapport à 2012, où l’élection s’était jouée entre deux camps.
A Hastière en 2012, l'élection s'est jouée entre deux “camps”: la liste Avenir à tendance cdH et la liste Union emmenée par le socialiste Claude Bultot. Une troisième liste, Renouveau, n'avait pas réussi à recueillir 5% des voix, ses candidats dépassant difficilement les 50 voix.
Jusqu'à cet été, la configuration politique pour 2018 semblait la même qu'en 2012, à une différence près, déjà signalée dans nos débats de mi-mandat: au lieu d'un face-à-face Bultot-Nennen, on allait vers un choc des générations Bultot-Morelle, avec avantage probable au premier, bien à l'aise dans son rôle de vieux lion face au jeune loup. Mais après cet été le paysage politique semble avoir été traversé par le cyclone Irma : tout est chamboulé. Sauf le vieux lion. Résumons.
Le challenger n'est pas mort
En premier lieu, il y a eu les révélations sur Mathieu Morelle, espoir du cdH local. Empêtré dans deux affaires distinctes de détournements supposés, Mathieu Morelle plaide l'erreur et rappelle qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel. Ces affaires ont balayé le conseiller. Il a d'abord démissionné du parti, mais ne s'attendait pas, semble-t-il, au mouvement suivant : le comité cdH local lui a fait savoir qu'il n'était plus le bienvenu sur la liste aux prochaines élections. Exit Morelle ? Pas si vite : il a confié récemment qu'il tâtait le terrain pour lancer une nouvelle liste en 2018. Sa « street credibility » en a pris un coup, mais le bonhomme bénéficie d'un capital sympathie difficile, lui, à évaluer. Le challenger n'est pas mort.
Puis il y a eu l'inattendue vengeance de Jacques André, président du CPAS, qui a fait payer au bourgmestre Bultot un cafouillage de début de législature, un sombre marchandage ayant mal tourné et à propos duquel il sera difficile de connaître le fin mot de l'histoire. Mais la conséquence est radicale: Jacques André, 2ème score de la liste Union en 2012, fera sa propre liste en 2018 et est d'ores et déjà en ordre de bataille! Le décrochage d'un siège n'est pas à exclure de ce côté-là…
Le cdH "en grande réflexion"
Et le cdH, comment envisage-t-il sa liste ? Pour l'instant, c'est vague. Le cdH est plongé dans « une grande période de réflexion », selon les mots de sa présidente Karine Matagne-Savaria. Qui sera tête de liste en 2018 ? Jean-Joseph Nennen ? Véronique Hees ? Quelqu'un d'autre ? Mystère à ce stade. Il y a urgence à clarifier, évidemment, mais la liste aura toujours un poids électoral certain.
Ecolo, enfin, a annoncé avoir fait l'impasse sur cette commune : il n'y aura pas de liste en 2018.
Une élection dans l'élection
Reste la liste Union, la liste du bourgmestre Bultot. Qui rempile. Mais pour la dernière fois, nous a-t-il annoncé au rendez-vous de midi. Il s'emploiera durant la prochaine législature à former son ou sa successeur(e). C'est dire si les scores des uns et des autres, sur la liste Union, seront scrutés à la loupe pour savoir qui reprendra le flambeau. Une élection dans l'élection, somme toute.