MR et PS se présenteront sur la même liste en 2018. La volonté est clairement annoncée: défendre et continuer leur action commune à Rochefort. Dans l'actuelle opposition, on prône l'ouverture citoyenne.
L'annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre, le 14 octobre, à un an pile du scrutin communal: MR et PS se présenteront ensemble. Pierre-Yves Dermagne sera tête de liste, Corine Mullens deuxième. Janique Lejeune se retrouvera à l'avant-dernière place et la liste sera poussée par François Bellot.
La raison invoquée en choeur est la volonté de défendre un bilan commun (la majorité absolue MR-IC s'est ouverte à la liste Pour, tendance socialiste, depuis 2006). Pierre-Yves Dermagne y voit aussi l'occasion d'avancer à visage découvert, un changement des mentalités politiques.
"Je pense que le temps des accords politiques négociés en coulisses, en secret, est révolu. Les gens veulent de la transparence."
Avantage de terrain: la majorité actuelle va pouvoir avancer sur ses dossiers sans se tirer dans les pattes pendant la campagne.
"On concrétise une volonté de poursuivre ensemble, explique François Bellot, parce qu'on a porté de grands projets pour Rochefort."
Mais on peut aussi voir dans cette alliance des avantages stratégiques, car en cas de victoire, la création d'une liste commune balaie toutes les incertitudes mathématiques pour les deux groupes.
Côté MR-IC, la majorité absolue tenait en 2012 à un seul siège ("presque deux, à 30 voix près", nous dit François Bellot). Si l'une des trois autres listes venait à prendre ce siège en 2018, une majorité Olivier (Pour-PS - cdH-AR - Ecolo) était théoriquement possible, envoyant le MR dans l'opposition.
Côté socialiste, l'aura de Pierre-Yves Dermagne, ex-ministre wallon et aujourd'hui chef de groupe au Parlement régional, bénéficie d'un effet de loupe médiatique. Mais l'image d'un PS national dégradée par les affaires et le renvoi des socialistes dans l'opposition régionale, pourrait aussi coûter des sièges à Rochefort. Bref, cette alliance, c'est tout bénef pour les deux partis: tout changer pour ne rien changer, en tous cas, en terme de groupe de majorité.
On votera directement pour le bourgmestre
Cette liste violette avance quatre machines à voix, et seules les voix de préférence vont compter lors du scrutin. L'ordre est donc symbolique, mais quel symbole! Pierre-Yves Dermagne en première position, avant Corine Mullens, bourgmestre faisant fonction. La principale intéressée n'y voit aucun camouflet:
"Ce n'est pas une déception, il fallait un premier ou une première. Les citoyens auront le choix. S'ils estiment en 2018 que le travail fourni depuis deux ans et demi aura été positif, ils auront le choix de l'exprimer."
Et si François Bellot emporte le plus de suffrages, il restera ministre et bourgmestre empêché pendant six mois jusqu'aux législatives (2019), ensuite de quoi, il l'exprime à demi-mot, il reprendrait le fauteuil mayoral:
"L'histoire montre qu'il y a très peu de ministres au-delà de 65 ans qui sont aux responsabilités."
Bref, en cas de victoire de cette liste, c'est l'électeur qui choisira le bourgmestre. Soit faisant fonction pendant six mois, soit directement effectif, parmi quatre locomotives: un ministre fédéral (François Bellot), un ex-ministre régional (Pierre-Yves Dermagne), une bourgmestre ff en activité (Corine Mullens) ou une actuelle échevine des finances (Janique Lejeune) qui n'était qu'à 29 voix de Corine Mullens en 2012.
cdH-AR et Ecolo: ouverture toute
Les deux actuels groupes d'opposition n'ont pas encore présenté de liste officielle. Mais ils multiplient les contacts citoyens.
Le cdH-AR assure déjà que ses trois conseillers, Albert Maniquet, Thierry Lavis et Laurent Libotte, seront bien présents, en ordre de marche pour 2018, aux côtés de membres de la société civile. Mais sous quel sigle? On ne le sait pas encore.
"Ce sera une liste à connotation cdH, explique Thierry Lavis, mais clairement d'ouverture. On prendra peut-être un autre nom, mais il reste des questions en suspens. Avec notre étiquette actuelle cdH-AR, par exemple, le fait de ne pas avoir la même dénomination que le cdH régional nous fait perdre un peu en représentation dans certains organes, comme les intercommunales. C'est un problème qui ne se pose que pour les listes d'opposition locales, pas dans les majorités."
C'est un élément de réflexion. Un autre, pour Ecolo, reste la question de l'éthique:
"L'important, c'est la philosophie des candidats, explique Rudy Thérasse. Notre volonté, est d'obtenir un renouvellement éthique et des visages. Je suis un homme de convictions et de contrats."
Ici non plus, aucun nom de liste n'est arrêté. Mais certaines affirmations sont fortes:
"Celui qui veut que rien ne change à Rochefort ne doit pas voter pour nous."
Alors que le cdH campe plutôt en position d'attente pour le moment, ("prendre un siège, ce sera déjà une petite victoire"), Ecolo résume la situation, suite à la formation d'une liste MR-PS: "Les choses sont claires, on verra si l'électeur sanctionne ou soutient le travail de l'actuelle majorité".