Nature
Le nombre de chouettes chevêches double en Famenne grâce au travail d'un bénévole
publié le:19/06/2025 12:00:00 - mis à jour: 19/06/2025 17:18:48
Elles étaient en déclin, mais leur chant résonne à nouveau dans l’arrondissement de Dinant : les chouettes chevêches sont de retour, et en nombre croissant. Un renouveau rendu possible grâce à un bénévole.
Francis Bathy est retraité… mais loin d'être inactif. Ce naturaliste bénévole consacre son temps et son énergie à la sauvegarde des rapaces nocturnes. Parmi eux, la chouette chevêche, une espèce en déclin. Actuellement, il fait de le tour des nichoirs pour compter les bébés et les baguer. Avec son épouse, Francis a fabriqué et installé près de 300 de ces nichoirs en Famenne, une région propice à l'espèce grâce à ses pâturages et une agriculture peu intensive.
En plaçant un nichoir, on lui procure une cavité sûre dans laquelle il peut se reproduire, ce qui n'est pas nécessairement le cas dans les cavités naturelles qui, par ailleurs, deviennent de plus en plus rares.
Leur action contribue directement à la survie de ces rapaces menacés.
Une espèce en recul, un engagement qui paie
Il y a vingt ans, la Wallonie comptait encore 4.000 couples de chouettes chevêches. Ils ne sont plus que 2.000 aujourd'hui. En 2012, on en recensait seulement 75 en Famenne ; en 2023, ce chiffre a doublé grâce aux efforts de terrain menés localement. Avec des populations en hausse principalement à Beauraing, Durbuy, mais surtout à Rochefort, notamment dans le petit village de Briquemont, où des chouettes ont installé leur nid près de la chapelle.
Lorsque j'ai commencé, cette espèce régressait très fort parce qu'il n'y avait plus suffisamment de cavités de nidification, et donc le fait d'avoir ramené 280 nichoirs a permis de redéployer les populations. Peu de régions enregistrent des succès pareils.
Francis agit bénévolement, parfois soutenu par certaines communes ou l'association Natagora, mais toujours poussé par l'amour de ces rapaces.
Il faut faire ça aussi par passion. C'est quand même assez contraignant. On commence la visite en hiver pour repérer des couples, on installe des nichoirs là où il y a des couples et on les suit aussi en nidification. Cette dernière étape permet de voir le résultat de toute notre action, c'est très intéressant, et ça aide aussi dans la nature évidemment, à conserver des espèces aussi remarquables que celle-ci.
Grâce à cet engagement bénévole, la chouette chevêche fait peu à peu son retour dans les villages de la Famenne et son cri résonne à nouveau dans les villages ruraux.