Le Gedinnois Alain Guillaume est devenu, il y a quelques jours, Champion du Monde du lancer du poids chez les masters 50 ans, c'était en Corée du Sud.
Alain Guillaume a vécu il y a quelques jours le plus grand moment de sa carrière de sportif. L'athlète gedinnois du club de l'ACBBS à Bertrix a décroché la médaille d'or lors des Championnats du Monde de lancer du poids chez les masters 50 ans, à Daegu, en Corée du Sud. Il était l'invité de Challenge ce lundi.

Alain, un titre de Champion du Monde pour un amateur, pour un Gedinnois, issu du petit club de Bertrix, cela semble incroyable…
Alain Guillaume: C'est inattendu. Mes meilleurs résultats, c'étaient deux titres de champion national indoor toutes catégories, en 2007 et en 2008. En masters, on redistribue les cartes au niveau des performances et je constatais que les premières places étaient atteignables.
Comment le concours s'est-il dessiné pour vous?
Alain Guillaume: Cela a été compliqué. Tout d'abord en raison d'une blessure à l'épaule, contractée trois jours avant le concours. Une heure avant le concours, je n'étais toujours pas sûr d'être en pleines capacités. Ensuite, mon principal adversaire, un Grec, a sorti une grosse perf', supérieure à sa performance d'engagement, à 15m93. Là, j'ai bien compris que ça ne rigolait plus. Il a fallu que je me rattrape et j'ai signé la même performance que lui: 15m93. La règle prévoit alors de prendre le deuxième meilleur essai, ce qui fait que j'ai décroché le titre mondial.
Comment réagit-on à ce moment-là?
Alain Guillaume: Je ne suis pas encore sûr d'avoir tout à fait réalisé aujourd'hui. J'ai remarqué que cela suscitait pas mal de réactions en Belgique. En Corée du Sud, on est un petit peu perdu au milieu de l'immensité. Mais sur le moment, cela n'a pas été une forme de délivrance.
Quel est le "poids" du poids dans votre catégorie?
Alain Guillaume: En 50-55 ans, c'est la première catégorie adultes où le poids du poids redescend: on est à 6kg. En seniors, c'est 7kg260. Dans ma catégorie actuelle, je retrouve un peu de vitalité. Beaucoup de mes compagnons de route au fil de ces années ont cédé suite à des problèmes physiques. Au 6kg, on a une deuxième chance, c'est plus fluide, c'est plus simple.
"Au début, je n'étais pas bon au poids"
Comment cela se passe-t-il sur le plan financier? Vous représentez la Belgique, mais devez-vous vous débrouiller?
Alain Guillaume: L'athlète qui s'inscrit aux Championnats du Monde le fait de sa propre volonté et assume tous les frais. La fédération belge doit valider l'inscription. En tant qu'athlète, je dois porter l'équipement de l'équipe nationale.
Revenons sur votre parcours personnel… Comment se fait-il qu'un adolescent se dise "je vais lancer le poids"?
Alain Guillaume: Je ne pense pas que ce soit quelque chose qu'on se dise réellement. J'ai commencé par un cross à l'école, cela m'a donné le goût de l'athlétisme. Ma maman m'a suivi, la famille avait aussi pratiqué l'athlétisme par le passé. Quand on est jeune, on nous fait tout essayer. Au début, je n'étais pas bon au poids. Puis, avec le temps, à l'adolescence, avec la prise de force, j'ai compris que c'était peut-être là que je m'exprimerais le mieux.
Quelles qualités faut-il pour être un bon lanceur de poids?
Alain Guillaume: Si on veut être scientifique, on va dire qu'il faut de la force et de la vitesse, donc de la puissance. Mais sans technique, ça ne fonctionnera pas. Sans oublier une bonne dose de sang froid.
Que pouvez-vous encore ambitionner?
Alain Guillaume: Je ne crois pas que je vais encore souvent parcourir le monde. Mais tant que la santé et les résultats suivent, je ne vois pas pourquoi je ne poursuivrais pas. Je me suis mis trop de limites dans ma vie. À 30 ans, je voulais déjà arrêter. On me disait que j'étais trop vieux. À 50 ans, on n'a plus l'avis de nos parents et on peut encore rester performant. C'est une des leçons que je tire de mon parcours sportif.