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Epidémie de "langue bleue" : à la Ferme de Stée, les cadavres d'agneaux s'amoncellent

publié le:21/08/2024 17:04:00 - mis à jour: 24/08/2024 08:57:39

Une épidémie de langue bleue fait rage en Wallonie. Elle n’est pas dangereuse pour l'être humain, mais elle fait des dégâts dans les cheptels. C’est le cas à la Ferme de Stée dans la commune de Ciney.

Depuis deux semaines, Baptiste Wylock, éleveur de la Ferme de Stée à Braibant, voit son troupeau de brebis décimé par la fièvre catarrhale ovine, la maladie de la langue bleue.

Tous les matins on découvre de nouveaux cadavres. Je les mets à l'écart en espérant que l'équarrissage passe rapidement récupérer les corps. J'essaye d'éviter que la maladie se propage encore plus en les gardant à l'extérieur, mais ce n'est pas simple.

Une épidémie difficile à contenir

Cette maladie se propage par un insecte, un petit moucheron appelé culicoïde, qui pique les animaux. Elle ne présente aucun danger pour l'être humain. Elle touche les ruminants, essentiellement les moutons. François Claine, vétérinaire et responsable de projet ruminants et bovins de l'Association Régionale de Santé et d'Identification Animales (ARSIA), explique que l'épidémie aurait débuté aux Pays- Bas il y a déjà quelques mois.

Les populations de culicoïdes se développent et se dispersent dès que les conditions météorologiques leur sont favorables. C'est donc tout à fait logique que l'infection, qui a débuté aux Pays-Bas en automne 2023, s'est mise en pause durant la période hivernale et le début du printemps 2024. Ensuite, avec de bonnes conditions météo, et des vents dominants qui ont ramené des nuages de culicoïdes vers la Belgique, la maladie s'est rapidement propagée sur le territoire national. 

Des pertes considérables pour l'exploitation

Les symptômes sont nombreux : fièvre, abattement, hyper salivation, boiterie. A la ferme de Stée, 60 pourcents des agneaux ont déjà succombé à la maladie. L'éleveur constate aussi une baisse de la production laitière de moitié, mais les pertes pourraient se faire ressentir à plus long terme, explique-t-il.

Nous ne savons pas si les brebis qui ont été malades et qui ont survécu pourront à nouveau avoir des agneaux. Nous avons aussi eu des béliers touchés par l'infection et dont on ne connaît pas la fertilité. Nous arrivons en période de lutte, le moment où l'on met les béliers avec les brebis, et nous ne savons pas comment agir. Nous avons aussi peur d'avoir beaucoup de malformations lors des gestations de nos animaux, cela pourrait mener à des avortements.

La vaccination pour limiter l'agressivité de la maladie

Il n'existe pour l'instant aucune aide financière pour les exploitations victimes de la langue bleue. Pour limiter la catastrophe, une seule solution pour François Claine de l'ARSIA : la vaccination.

La vaccination reste le levier numéro un pour prévenir la maladie. Cependant, si elle réduit le risque de mortalité, elle n'empêche pas les animaux d'être infectés. Cela réduit l'agressivité du tableau clinique.   

Cette solution représente tout de même un budget pour les éleveurs. Comptez plus ou moins 10 euros par bête. Actuellement plus de 500 foyers de contamination à la langue bleue ont été identifiés en Wallonie.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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