Le musée Monopoli situé dans le hameau de Barsy (Havelange) vient d’être racheté par une famille du village. Cela faisait 40 ans que ce lieu atypique existait grâce à un Italien passionné par les automates.
Des étoiles dans les yeux, Evelyne David, nous fait visiter le musée Monopoli qui appartient désormais à sa famille. Elle nous emmène vers un piano Steinway d'époque. La musique s'enclenche et c'est tout le musée qui prend vie. Au milieu des automates qui se mettent en mouvement, Evelyne se laisse, comme à chaque fois, emporter par la magie des lieux.
Chaque automate, chaque instrument mécanique, chaque pièce du musée ont été collectionnés par Renato, un Italien d'origine arrivé dans les années 1980 à Havelange. Evelyne nous raconte son histoire:
Il a acheté la grange, puis agrandie. Et au fur et à mesure des années, il a construit sa collection. Il était aviateur, retraité assez jeune, ce qui lui a permis de s'adonner avec passion à ses amours pour les automates et la musique mécanique.
Evelyne et sa famille ont découvert le Monopoli, il y a plusieurs années, après avoir emménagé dans le village, dans la maison juste à côté. Un lien très fort s'est alors rapidement construit entre les deux familles.
Nos enfants, Marie et Astrid, avaient 4 ans et 9 ans à l'époque. Elles passaient leurs week-ends dans le musée avec Renato. C'était leur salle de jeux. Les liens se sont rapidement tissés. Je dis toujours qu'elles ont eu la chance d'avoir trois paires de grands-parents. Cela me donne des frissons.
Une passation de cœur
Mais souffrant aujourd'hui d'une maladie grave, Renato décide de se séparer de toute sa collection qui constitue près de 40 années de sa vie. Un déchirement et une séparation inconcevable pour la famille d'Evelyne qui décide de laisser parler son cœur.
On ne s'était jamais projeté sur un rachat. Mais cela est devenu une évidence quand Renato nous a demandé si on voulait reprendre le musée. C'était une opportunité unique. C'est notre voisin, c'est l'histoire de nos enfants. C'était des amis de mes parents. On a raisonné avec le cœur, pas avec la raison.
Propriétaire depuis avril, Evelyne aidée par d'autres villageois, dont Jacques, le mécano du musée, ont à cœur de perpétuer la vie de ce lieu à part. Transmettre et partager avec les visiteurs d'un jour les merveilles d'un temps passé.
C'est Saint-Nicolas tous les jours. Je suis comme une enfant dans ce musée. Un jour, avant de conclure l'achat, mon mari me dit mais "que se passe-t-il ici ?" J'ai ri et je lui ai répondu: "Je vibre !".
Dans un premier temps, Evelyne et sa famille souhaitent simplement conserver les lieux, continuer à apprendre et connaître la mécanique de chaque instrument. Mais déjà de nouvelles idées fourmillent. Le visage de Renato pourrait ainsi faire son apparition dans le musée.