Les congés de printemps ont attiré les foules dans la région. Le tourisme dans l'arrondissement et plus largement en Wallonie ne cesse de grandir. Quels sont les perpectives pour cet été ?
Ce week-end marquait la fin des vacances de printemps, qui ont bénéficié d'une météo exceptionnelle. Résultat : terrasses pleines, bords de Semois ou de Meuse bondés, et des visiteurs venus en nombre. La Wallonie a cartonné.
Alors, est-elle en train de devenir une destination ultra tendance ? Et surtout, est-elle prête à encaisser ce boom touristique ? Pour en parler, deux invités dans le "Journal sur pause" : Melissa Clabeau, responsable de communication pour le centre touristique de Vresse-sur-Semois, et Olivier Daloze de Visit Wallonia.
La vallée de la Semois a été prise d'assaut pendant ces congés, vous confirmez ?
M.C. : Oui, tout à fait. Et pas seulement pendant les deux semaines de vacances : c'est tout le mois d'avril qui a été très fréquenté. Il faut dire que les vacances étaient décalées cette année, et on a eu droit à un soleil magnifique, ce qui a attiré énormément de monde. L'année passée, il pleuvait beaucoup… Donc oui, cette année, on a vu une vraie différence : beaucoup plus de monde ! Principalement des gens venus pour se ressourcer : des randonneurs, des familles en quête de nature, de balades, et surtout de déconnexion digitale. C'est un tourisme très orienté “slow life”.
De manière plus générale, est-ce que la Wallonie est devenue tendance, même en dehors des effets météo ?
O.D. : Oui, clairement. On a toujours été attractifs, mais aujourd'hui plus que jamais. La Wallonie coche toutes les cases : nature, patrimoine, musées, city trips... C'est une offre ultra diversifiée. Et ça plaît à tous les profils : familles, couples, groupes d'amis. Certains cherchent le calme et la nature, d'autres l'aventure ou le patrimoine. La bonne nouvelle, c'est qu'on n'est pas encore dans le surtourisme, grâce à la diversité des lieux et à un territoire large qui répartit les flux.
À Vresse-sur-Semois, quelles sont les attentes des visiteurs ?
M.C. : Ils viennent pour les promenades avant tout. La première question, souvent, c'est : “Est-ce que le Pont de Claie est accessible ?” Ensuite, ils veulent des cartes de randonnées, des infos sur les musées… Et quand il pleut, il y a des alternatives : visites d'ardoisières, musées, centres récréatifs…
Et à l'échelle wallonne, qu'est-ce qui marche le plus aujourd'hui ?
O.D. : Sur les cinq dernières semaines – période de vacances cumulées entre les différents pays voisins – ce sont les activités extérieures qui ont explosé : balades, parcs aventure, réserves naturelles... Mais même quand il fait moche, il y a toujours des trucs à faire : musées, grottes, activités indoor. La Wallonie s'adapte à toutes les conditions.
La Wallonie est-elle capable d'accueillir autant de monde?
En 2024, la Wallonie a dépassé les 10 millions d'entrées touristiques. Elle est prête à encaisser cette croissance ?
O.D. : Oui. On a encore une belle marge de progression et beaucoup de nouveaux projets en cours. Les opérateurs touristiques sont très adaptables : ils s'équipent, répondent aux nouvelles attentes, intègrent le digital… Certains prolongent même leur saison jusqu'en décembre. On se dirige clairement vers une “désaisonnalisation” du tourisme.
Quel est le profil des touristes en Wallonie en 2025 ? Est-ce qu'on peut vraiment parler d'un seul profil ?
O.D. : Pas vraiment. Justement, c'est la diversité de l'offre qui fait notre force. On a de quoi séduire tous les types de visiteurs : les familles, les groupes d'amis, les couples... Certains viennent chercher la détente douce, le calme de la nature. D'autres sont en quête d'activités plus sportives ou d'aventure. Et puis il y a ceux qui veulent du patrimoine, de la culture au sens large. Bref, on parle à tous les publics. Un autre point important : on n'est pas encore dans une situation de surtourisme en Wallonie. Grâce à l'étendue du territoire et à une offre bien répartie, on évite les concentrations excessives, contrairement à d'autres régions – que je ne citerai pas, mais tout le monde les connaît.
Et du côté de Vresse-sur-Semois, quelles sont les attentes des touristes quand ils franchissent la porte de votre centre ?
M.C. : La toute première question, c'est souvent : “Bonjour, est-ce que le Pont de Claie est accessible ?” Les gens viennent clairement pour les promenades en nature. Ensuite, ils demandent surtout des cartes de randonnée, et beaucoup s'intéressent aussi aux musées de la région. C'est une région qui s'adapte bien à la météo. Quand il fait beau, on est dehors. Et quand il pleut, on a aussi des solutions : musées, visites d'ardoisières, centres sportifs ou récréatifs… On a vraiment de quoi occuper les visiteurs, même par mauvais temps.
Dans tout cet éventail touristique, qu'est-ce qui fonctionne particulièrement bien en 2025 ?
O.D. : Si on regarde la dernière période, disons les cinq dernières semaines de congés cumulés entre la Flandre, les Pays-Bas, la France, l'Allemagne et bien sûr la Belgique francophone – ce sont clairement les activités extérieures qui ont cartonné. On a eu un printemps quasi estival, donc les gens se sont rués vers les balades, les parcs aventure, les réserves naturelles, etc. Tout ce qui est en plein air a très bien marché. Mais ce qui est intéressant en Wallonie, c'est que même quand il ne fait pas beau, il y a toujours quelque chose à faire. Grottes, musées, activités indoor… On est loin d'être une destination monotone.
Le changement de rythme scolaire a-t-il modifié les habitudes touristiques ?
M.C. : Oui, clairement. On a vu apparaître une nouvelle dynamique. On a un public très familial qui vient avec des demandes spécifiques : des visites de fermes, des musées avec des activités pour enfants… Et surtout, la période touristique s'est allongée. Cette année, ça a commencé fin mars et s'est étendu jusqu'à début mai. Le congé du 1er mai est même tombé en même temps que le début des vacances francophones, ce qui a amené une vague énorme de visiteurs à Vresse.
En 2024, la Wallonie a franchi la barre symbolique des 10 millions d'entrées dans les attractions touristiques. Est-elle prête à absorber cet engouement croissant ?
O.D. : Absolument. On a encore une vraie marge de progression. Il y a plein de nouveaux projets en cours, notamment à Vresse. Les opérateurs touristiques sont super réactifs : ils s'adaptent aux nouvelles attentes, développent de nouveaux produits, investissent dans les équipements. Un exemple : il fut un temps où le Wi-Fi était rare ou payant dans les hébergements. Aujourd'hui, c'est devenu la norme. Et pour ceux qui veulent se déconnecter, c'est aussi possible. Bref, on peut répondre à tous les besoins. Autre point : les prestataires s'adaptent aussi aux nouvelles contraintes comme les rythmes scolaires. Certains prolongent leurs ouvertures bien au-delà de la “saison classique”. Avant, on ouvrait du 1er avril au 31 octobre. Maintenant, certains grands parcs restent ouverts jusqu'à Noël.
Y a plus de saisons!
On se dirige donc vers une saison touristique qui ne s'arrête jamais ?
O.D. : Exactement. C'est ce qu'on appelle la “désaisonnalisation”. On sort du schéma classique été/hiver. Le tourisme devient permanent, tout au long de l'année.
Est-ce qu'au niveau de la Wallonie, les acteurs du tourisme sont incités à s'engager davantage vers un tourisme durable, plus conscient ?
O.D. : Oui, clairement. La Wallonie est une destination verte, ça nous donne déjà une longueur d'avance. Il y a une vraie demande des visiteurs, et pour les opérateurs touristiques, c'est aussi un enjeu économique. Le tourisme durable, ce n'est pas juste une tendance, c'est une transformation de fond. Quand on parle de durabilité, on parle d'un spectre large : gestion des déchets, accessibilité, mobilité douce, mais aussi circuit court, ancrage local… De plus en plus de restaurateurs, par exemple, privilégient des produits locaux et de saison. La Wallonie, c'est une région qui est naturellement tournée vers ce type de tourisme. Et aujourd'hui, elle s'inscrit pleinement dans cette dynamique.
Donc penser le tourisme, ce n'est pas seulement penser aux attractions en elles-mêmes, mais à tout ce qui les entoure ?
O.D. : Exactement. Le tourisme, ce n'est pas juste visiter un musée ou un parc d'attractions. C'est dormir sur place, manger local, se balader, faire du shopping, rencontrer les habitants... C'est un ensemble d'expériences qui font que le séjour est réussi. C'est cette approche globale qu'on veut développer et renforcer.