Christophe Davin a célébré un faux mariage le 31 décembre dans l’hôtel de ville. Une faute monumentale, selon Thierry Lavis qui réclame sa démission. Pour l’intéressé, il s’agit d’un non-événement.
Une petite vidéo postée sur les réseaux sociaux (et retirée depuis) fait beaucoup parler à Rochefort. Tombée sous les yeux du conseiller de l'opposition, Thierry Lavis, elle l'a poussé lors du conseil communal de ce lundi 29 janvier, à réclamer la démission de l'échevin, Christophe Davin, et du bourgmestre, Julien Defaux.
Nous avons pu visionner cette fameuse vidéo tournée le 31 décembre dernier : on y voit l'échevin rochefortois, Christophe Davin, portant l'écharpe scabinale, célébrer ce qui ressemble fort à un mariage dans la salle du conseil de l'hôtel de Ville de Rochefort. Devant lui, se trouve une farde de documents que certains identifient comme le registre officiel des mariages. On y découvre également un des invités dansant sur la table et sabrant une bouteille de champagne.

Le hic, c'est que ce mariage est un faux. S'il est parfaitement autorisé de se marier un dimanche à Rochefort, le « mariage » célébré par Christophe Davin n'est pas légal. Il nous revient que les mariés n'avaient pas produit dans les temps les documents nécessaires et qu'ils vont se marier « pour de vrai » en février. Il n'y a d'ailleurs aucune trace de ce mariage dans les registres.
« Une faute monumentale »
Outre l'irrespect que constitue le fait de danser sur la table et de l'arroser de champagne, Thierry Lavis pointe toute une série de fautes : utilisation de locaux publics, port de l'écharpe scabinale en-dehors de sa fonction officielle et usage du registre officiel.
C'est une faute monumentale. On fait tout et n'importe quoi à Rochefort, c'est Las Vegas.
Thierry Lavis et son groupe UCPR réclament la démission de l'échevin Christophe Davin et du bourgmestre ff. Julien Defaux qu'ils accusent d'avoir été parfaitement au courant des intentions de son échevin et de l'avoir laissé faire.
S'il n'y a pas de prise de conscience et des démissions, on ira chez le ministre Collignon (qui a la tutelle sur les communes, ndlr.). On ne va pas en rester là. Ils ont fait démissionner Corine Mullens pour bien moins que ça. Je n'aime pas faire ce genre d'interventions mais si on laisse passer, cela veut dire qu'on cautionne et ça, ce n'est pas possible.
« Un non-événement »
Pour Christophe Davin qui, grippé, était absent lors du conseil communal, il s'agit d'un non-événement.
Selon lui, le couple devait effectivement se marier ce jour-là mais faute de tous les documents nécessaires, il a dû reporter. Pour éviter d'annuler les invitations déjà lancées, il a convenu, avec la complicité de Christophe Davin, de créer un jeu de piste pour faire découvrir la vraie date du mariage. Un jeu de piste qui passait donc par l'hôtel de ville, explique Christophe Davin :
C'est un pur malentendu. Un non-événement. Je ne suis pas idiot au point de faire quelque chose d'interdit. On est resté 16 minutes dans l'hôtel de ville, montre en main. Un convive euphorique est monté sur la table, on l'a fait descendre, on a tout nettoyé. Quant au port de l'écharpe, c'est tout à fait légal. Elle peut être portée sur des manifestations ou des événements sur le territoire communal. Je pourrais aller à la boucherie avec.
Pour être tout à fait précis, depuis l'arrêté du Gouvernement wallon de 2016 (A.G.W. 15.9.2016, M.B. 3.10.2016), il est stipulé que le bourgmestre et l'échevin portent l'écharpe lors de manifestations ou de cérémonies se déroulant exclusivement sur le territoire communal.
Par rapport à la demande de démission, Christophe Davin affirme qu'il y répondra lors de la prochaine séance du conseil communal.
« Politiquement, je ne l'accepte pas »
Mis en cause par l'opposition UCPR, le bourgmestre ff., Julien Defaux, nie avoir eu connaissance du fait que le mariage n'était légalement pas possible, faute de documents, avant le 31 décembre. Il affirme n'avoir appris que le mariage n'était pas officiel que le 4 ou 5 janvier.
Je ne savais pas que ce n'était pas un mariage officiel. Quand je l'ai su et que j'ai vu la vidéo, j'ai fait part à Christophe de mon mécontentement. Je ne veux pas minimiser les faits, ce sont des choses qui ne se font pas. Je lui ai dit qu'il devait se positionner. Christophe m'avait demandé un temps de réflexion et puis il y a eu le conseil communal et l'intervention de Thierry Lavis.
Quant à savoir s'il soutient toujours son échevin, Julien Defaux est loin d'être catégorique :
Politiquement, ce sont des choses que je n'accepte pas. Je ne peux qu'être d'accord avec Thierry Lavis dans sa dénonciation des faits mais je le laisse seul juge de sa demande de démission. Il y a des procédures.
Julien Defaux l'affirme encore, il n'attendra pas jusqu'au prochain conseil communal pour obtenir des explications.