Au lendemain du codeco qui a décidé, entre autres, la fermeture de la culture, le secteur réagit. Entre colère, dégoût et incompréhension.
La douche froide. Au lendemain du comité de concertation qui a notamment décidé la fermeture des salles de spectacles, de concerts ou des cinémas, le secteur culturel se réveille groggy et révolté.
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Dans ce qui apparaît de plus en plus comme un marchandage politique dans lequel le secteur culturel « a perdu » face à d'autres secteurs, horeca et commerces en tête, les acteurs du monde culturel de l'arrondissement expriment leur colère. A Rochefort, devant le centre culturel, on a brûlé symboliquement des affiches. Carine Dechaux, sa directrice, a réagi dès l'annonce de la fermeture sur les réseaux sociaux :
On n'a pas vu venir. On aurait dû, avec l'expérience. On aurait dû savoir qu'après l'école, il y aurait encore des têtes coupées, et que ce serait les nôtres. Mais on se pensait de nouveau invincibles, on pensait qu'on avait fait nos preuves. Comme des pros. Nous avons été bien naifs... Ce soir, c'est colère noire. Pourquoi cet acharnement contre la culture ? J'aurais bien des réponses, mais leur cynisme me fait peur à moi-même. Demain, comme tous les lendemains de ce jour noir, ce sera colère contre des décideurs politiques qui, puisqu'ils sont rarement dans des salles de spectacles ou de cinéma, ne peuvent absolument pas se représenter ce qui s'y vit, s'y joue, s'y partage. Si un jour, ils en poussent la porte, il sera peut-être trop tard. Sauf pour recevoir la colère en retour.
Au ciné Gedinne, même incompréhension, même colère. Anne-Sophie Vandevoorde, la présidente de l'asbl, ne mâche pas ses mots :
C'est du marchandage politique. Ils se sont dit « si on ferme l'horeca ça n'ira pas donc on ferme la culture ». C'est une décision totalement arbitraire. Alexander de Croo a dit que c'était une décision scientifique mais ce n'est dans aucun conseil du Gems, donc c'est un marchandage politique qui n'est pas du tout basé sur des faits scientifiques. Il fallait faire quelque chose alors ils se sont dit, on va fermer des secteurs qui ne vont pas trop bouger. J'ai un sentiment de colère et de dégout. J'ai peur de voir ce qu'il est possible d'être décidé par les politiques. On est dans une situation liberticide, c'est une décision qui va à l'encontre de la démocratie.
Du côté des artistes, le sentiment est le même. Aurélien Dony, auteur, comédien et metteur en scène, exprime lui aussi sa colère :
C'est un sentiment de colère énorme, uune révolte terrible. On méprise clairement le secteur culturel. On est à un point de rupture. On va devoir se remobiliser ensemble, organiser une action. Peut-être le retour de Still standing ? Le secteur vit déjà dans une telle précarité et on tape encore dessus. Les artistes se retrouvent encore sans argent. On devait jouer fin janvier et on ne sait pas si on doit communiquer là-dessus, si ça aura lieu, si on doit continuer à préparer ce spectacle. C'est grave. On nous prive de travailler. Le terme "milieu récréatif" me rend malade. Le problème est dans l'œil du politique. On nous réduit à une fonction de divertissement. On ferme un rapport au monde dans une période où il est justement essentiel de se poser des questions.
La fermeture des lieux culturels intérieurs et les autres mesures prises ce jeudi, entrent en application ce dimanche 26 décembre, pour une durée indéterminée. Cependant, certains n'attendront pas dimanche pour fermer le rideau, c'est le cas notamment de Dinant Creative Factory qui devait présenter un spectacle de marionnettes pour fêter les 900 ans de l'ordre des Prémontrés.