Solidarité

"Fleurs de funérailles": des poèmes pour les défunts et leurs proches

publié le:09/04/2020 13:43:00 - mis à jour: 10/04/2020 15:25:03

"Fleurs de funérailles" rassemble un collectif de 80 poètes et poétesses belges qui écrivent pour les défunts et leurs proches en cette période de confinement.

C'est à l'initiative de Karl Norac, élu poète national pour deux ans, que le collectif de poètes et poétesses vient de naître autour du projet "Fleurs de funérailles". Ecrire des poèmes pour les défunts et leurs proches en cette période si particulière et difficile, c'est l'action de solidarité qu'entreprennent ces amoureux des mots. Les poèmes sont gratuits et disponibles sur le site www.poetenational.be et il est également possible de les personnaliser, comme l'explique le poète anseremmois Aurélien Dony, membre du collectif:

C'est notre manière à nous de tendre la main, avec nos moyens. Parfois, on peut se demander à quoi sert la poésie. Ici, avec ce collectif, cela donne à la poésie un sens concret et direct. C'est peu de chose, au vu du contexte et de la douleur pour les gens de perdre un proche dans ces moments. Certains vivent ce deuil dans une grande solitude et de manière cruelle. J'ai été ému de participer à cette action. Ce n'est pas un acte publicitaire, c'est réellement un geste de solidarité.

L'intégralité de l'interview se trouve ci-dessous:

 

"Il faut réfléchir à ce que nous sommes en train de vivre pour y trouver un sens"

Les poèmes sont gratuits et peuvent être traduits dans plusieurs langues, afin que chacune et chacun puissent s'approprier le poème. Pour Aurélien Dony, cette action donne du sens à ce qu'il fait. D'une manière plus globale, il estime également qu'une réflexion doit être menée pour donner du sens à la situation que nous vivons:

Il va falloir réfléchir à ce que nous sommes en train de vivre. Il faut qu'il y ait un après différent. Il faut que nous soyons attentifs aux autres, à tous les secteurs. Dans le secteur culturel, on sait que c'est difficile. Je n'ai actuellement pas de rentrée d'argent, pourtant je ne veux pas uniquement me focaliser sur moi, mais sur nous tous, sur tous les secteurs différents. Certains sont dans une réelle difficulté et il faut leur tendre la main. On voit éclore des mouvements de solidarité, des rythmes nouveaux. Selon moi, on ne pourra plus continuer à courir au nom du rendement et de l'efficacité. Ces mots-là, il faudra leur donner un grand coup de poing après le confinement. Ces valeurs s'effondrent et il va falloir penser autrement, c'est mon poit de vue.

Arnaud Wuyard, Journaliste
arnaud.wuyard@matele.be

 

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