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Gare de Godinne : déclasser le bâtiment pour mieux le rénover ?

publié le:10/10/2023 15:15:00 - mis à jour: 11/10/2023 09:51:02

Que va devenir l’ancienne gare de Godinne ? Dany Lacroix, d’Yvoir, a racheté la bâtiment à la SNCB, il y a trois ans, avec l’ambition de le rénover. Non sans contrainte : le bâtiment est classé.

Propriétaire depuis trois ans de l'ancienne gare de Godinne, Dany Lacroix a l'ambition de rénover le bâtiment pour y créer un ou plusieurs logements aux étages, et peut-être une surface commerciale au rez-de-chaussée. Pour y arriver, plusieurs travaux sont nécessaires, dont en priorité le changement des châssis. Toutefois, comme le bâtiment est classé : les châssis peuvent être rénovés, mais pas remplacés, regrette le propriétaire :

Je savais, au moment de l'achat, que la gare était classée. Mais je n'imaginais pas que les châssis, au regard de leur vétusté, ne pourraient être remplacés.

Rénover, mais pas remplacer les châssis en bois

Pour rénover les châssis en bois, juste à l'étage, selon le propriétaire, la facture oscille entre 60.000 et 70.000 euros, subsidiés à 50% puisque le bien est classé. Autant dire que le budget est conséquent pour, in fine, du simple vitrage aux performances énergétiques désuètes. Néanmoins, il est possible d'y installer du double vitrage, mais il doit alors être placé à l'intérieur du bâtiment, en plus de l'actuel châssis en bois apparent, précise Nicolas Yernaux, porte-parole du Service Public de Wallonie :

Les experts ont déterminé que les châssis faisaient partie intégrante du caractère exceptionnel du bâtiment. Les boiseries doivent donc être conservées. Parfois, il est possible de remplacer le simple vitrage par du double tout en conservant les boiseries. Ce qui n'est pas le cas ici. La solution proposée est alors de mettre des châssis supplémentaires en double vitrage à l'intérieur du bâtiment.

Cette solution ne convient pas au propriétaire : 

Avec cette solution, il y aura toujours les frais de rénovation des anciens châssis auxquels s'ajouteront ceux des nouveaux. Puis, il y aura un risque de buée sur les châssis. Il y aura également des problèmes en termes d'aération du bâtiment, sans oublier l'aspect esthétique. 

Procédure de déclassement

Ce ne sont pas les seules contraintes pour les travaux de rénovation du bâtiment. Il est entre autres question de règles strictes pour restaurer le toit à l'identique. Face à ces nombreuses contraintes onéreuses, Dany Lacroix et son architecte viennent d'engager il y a quelques mois une procédure de déclassement de la gare :

Je pense que c'est la seule solution afin de pouvoir mener à bien les travaux de rénovation. J'ai absolument besoin de pouvoir placer des fenêtres en double vitrage pour des raisons de bruit et de sécurité puisque la gare est toujours en activité.

Des squatteurs ont allumé un feu à l'étage

Cette procédure va prendre encore plusieurs mois. Le bâtiment devrait donc passer un nouvel hiver au froid et à l'humidité dans l'attente que la situation ne se débloque ou pas pour son propriétaire. Dernièrement, Dany Lacroix a remarqué les traces laissées par l'un ou l'autre squatteur à l'étage du bâtiment :

Cela fait trois ans que le bâtiment est vide. Chaque année, il se dégrade. Des squatteurs ont eu la mauvaise idée dernièrement d'allumer un feu sur le plancher à l'étage. Je crains que le bâtiment ne tienne encore longtemps dans cet état-là.

Dany Lacroix n'est pas le seul à être confronté à ces contraintes en matière de rénovation d'un bâtiment classé en Wallonie. Le cas vécu par l'Yvoirien est un exemple concret où la préservation du patrimoine a du mal à s'accorder techniquement et financièrement aux normes énergétiques actuelles.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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