Nature

Gedinne : après le feu de la Croix-Scaille, la végétation repousse… mais sans diversité

publié le:17/09/2026 20:38:00 - mis à jour: 22/09/2026 15:45:14

Un mois et demi après l’incendie de forêt à la Croix-Scaille, à Gedinne, la nature reprend déjà ses droits. Mais derrière cette végétation qui reverdit, un constat interpelle : seules les fougères repoussent.

Un mois et demi après le feu de forêt à la Croix-Scaille, les traces de l'incendie sont toujours bien visibles. Mais le vert est déjà de retour, constate Gauthier Deschamps, spécialiste de la gestion des forêts et des espaces naturels pour Natagora.

La nature est assez résiliente, donc la végétation revient relativement rapidement. Nous avons aussi eu de la chance puisqu'après l'incendie, quelques jours de pluie ont permis à la végétation de reprendre.

À première vue, la nature semble donc reprendre ses droits. Tout pourrait laisser penser que la forêt se remet peu à peu. Mais en regardant de plus près, quelque chose cloche.

On constate qu'il y a peu de diversité dans la végétation et que la fougère a largement repris le dessus. Le problème n'est pas qu'elle pousse aujourd'hui, mais qu'elle soit quasiment la seule espèce présente. Les plantes qui résistent moins bien au feu ont été détruites par les flammes. À l'inverse, les espèces dont le système racinaire est profondément protégé dans le sol, comme la fougère, ont survécu. À terme, cette parcelle n'accueillera plus que du genêt, de la fougère-aigle et de la molinie.

Ces essences très envahissantes vont prendre la place de la myrtille, de la bruyère ou encore de la callune, qui poussaient naturellement sur ces sols. Une évolution qui entraîne donc une perte de diversité. Autre conséquence du feu : les arbres. Ils avaient été plantés pour l'exploitation forestière, mais ont tous brûlé. Il faudra probablement replanter.

Une hausse des feux de forêts qui inquiète

Si la flore a été fortement touchée, la faune semble, elle, avoir été davantage épargnée. Du moins pour les grands animaux et les oiseaux, qui ont pu fuir les flammes. Mais pour les espèces plus petites, le constat est différent.

Les insectes, les mollusques ou encore les petits lézards sont beaucoup moins mobiles. Ils ont donc pu être pris par les flammes s'ils n'ont pas eu la possibilité de se réfugier sous terre ou de trouver un refuge.

Globalement, cet incendie ne devrait pas avoir de conséquences dramatiques pour l'ensemble du massif forestier de Gedinne. C'est plutôt la répétition des feux qui risque de peser durablement sur la nature.

Cet été, nous avons connu plusieurs incendies à différents endroits de Wallonie, ce qui n'était pas arrivé jusqu'ici à cette échelle. C'est problématique parce que la végétation subit ces perturbations coup sur coup. Les conséquences sur la faune et la flore peuvent alors se prolonger dans le temps.

Face à ces conséquences, Natagora entend sensibiliser et appelle à prendre des décisions plus favorables à l'environnement, notamment au niveau politique.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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