Gedinne: vivez une vente de bois de l'intérieur

publié le:19/05/2016 18:36:08 - mis à jour: 19/05/2016 19:04:53

"Prends!" Ce cri a beaucoup résonné aujourd'hui à Gedinne. C'était le cri des marchands lors de la vente de bois publique. Une pratique routinière pour eux, une ambiance impressionnante pour l'oeil non-averti.

Il est 15h, la salle de la Tannerie est remplie de marchands et autres représentatns de scieries. La commune de Gedinne organise sa vente de bois de printemps. La pratique est beaucoup plus rare que les ventes d'automne, même si plusieurs l'organisent toujours (Vresse le fait également). Le principe? C'est à la fois une vente au rabais (une sorte d'enchères dégressives), et une vente par soumission. Le suspense est double, l'ambiance est électrique. Explication avec Pierre Rolin, 1er échevin, en charge des forêts.

"Le crieur, un agent du DNF, part d'assez haut dans les prix et descend par tranches. Et puis à un moment donné, un marchand crie "Prends!", de façon fort audible, à faire sursauter l'assemblée."

On prend acte du nom de la société intéressée, mais... cela ne veut pas dire qu'elle emporte le lot. En effet, vient ensuite l'examen des soumissions. Pour chaque lot, les intéressés ont du remettre un prix sous enveloppe au préalable.

"Elles sont rapportées à la table du mayeur, qui les ouvre et les lit. Le lot est finalement attribué au plus offrant, soit par rabais, soit par soumission."

En résumé, si aucune enveloppe ne dépasse le prix demandé au rabais, c'est celui qui a crié "Prends!" qui l'emporte. Sinon, c'est l'enveloppe la plus grosse. La commune fixe aussi un prix minimum en dessous duquel elle ne vendra, et remettra le lot en vente prochainement.

Il y a donc tout un jeu psychologique qui s'installe entre marchands pour emporter la parcelle. Mais selon François Collard, l'un d'entre eux, il faut surtout être bien préparé et avoir bien inspecté le lot.

"Il faut d'abord et avant tout un calcul sérieux avant. Après, on peut commencer à jouer. Il y a le prix pour lequel on veut gagner, mais on peut monter et diminuer le bénéfice. Mais pour le moment, on ne parle plus de bénéfice, on parle d'essayer de ne pas perdre d'argent."

C'est particulièrement criant sur le marché des résineux, que l'on s'arrache. L'offre est très faible en Wallonie, et de nombreuses entreprises doivent importer du bois. Le secteurs des acheteurs est donc très concurrentiel. Du côté des feuillus, le profil est différent, selon l'échevin Pierre Rolin.

"Ce sont souvent des petites scieries françaises limitrophes à Gedinne qui sont friandes de nos chênes."

L'enjeu économique est tout aussi important du côté communal que du côté des acheteurs. La vente de bois représente un quart du budget communal à Gedinne.

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

 

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