Agriculture

Grippe aviaire : Quelles sont les conséquences du confinement ?

publié le:24/11/2025 15:31:00 - mis à jour: 24/11/2025 16:03:36

La grippe aviaire entraîne un nouveau confinement des volailles : une mesure efficace pour limiter le virus, mais qui soulève plusieurs questions, notamment en matière de bien-être animal.

La grippe aviaire bat son plein. Un deuxième foyer a été déclaré aujourd'hui à Gembloux. C'est le 7ème depuis le début de l'épidémie en octobre dernier. Pour préserver les élevages de ce virus, une solution radicale : enfermer les volailles. Un confinement qui revient parfois plusieurs fois par an, mais quelles sont concrètement les conséquences de cet enfermement ?

À Gozin, les poussins d'Olivier Jaspart sont à l'abri dans un hangar, loin de toute contamination à la grippe aviaire. Comme tous les oiseaux et volailles d'élevage, ils sont nourris et abreuvés à l'intérieur depuis le 23 octobre.

On ne doit pas relever les trappes le matin, rentrer les poulets le soir. Pour nous, ce n'est pas contraignant. Mais évidemment, on préférerait les voir courir dehors, c'est comme ça que ça doit se passer. C'est mieux quand nous ne sommes pas en période de confinement quand même, surtout pour les animaux.

C'est le deuxième confinement que connaissent les volailles cette année. Le dernier a duré 6 mois, de novembre 2024 à mai 2025. Cette méthode de prévention est fréquente en Belgique puisque, depuis 4 ans, on observe que la maladie n'est plus saisonnière mais plutôt endémique, explique Aline Van den Broeck, porte-parole de l'Afsca.

Les mesures de confinement sont prises dès lors qu'on constate qu'il y a une forte circulation du virus, particulièrement parmi les oiseaux sauvages. On peut dire que ce sont des mesures qui fonctionnent globalement, tout simplement parce que tous les foyers qu'on détecte, dans la majorité des cas jusqu'à aujourd'hui, sont ce qu'on appelle des foyers de type primaire, c'est-à-dire que ce ne sont pas des infections qui passent d'un élevage à un autre, mais bien des infections qui se sont produites à cause des oiseaux sauvages. C'est une mesure qui est prise de manière assez récurrente déjà depuis quelques années maintenant.

Qu'en est-il du bien-être animal ?

Une solution efficace pour limiter la propagation du virus, mais qui pose plusieurs questions. D'abord en termes de bien-être animal : il n'aurait pas d'impact sur les poulets de chair, qui ont une durée d'élevage plus courte (entre 56 jours et 81 jours). Catherine Colot, chargée de mission aviculture-cuniculture pour le Collège des Producteurs, précise que chez les poules pondeuses, c'est problématique.

On peut le voir surtout sur les pondeuses qui ont l'habitude de sortir. Elles ont de plus longs cycles d'élevage (de l'ordre de 15 mois pour le cycle de ponte), donc une fois qu'elles ont été habituées à sortir pendant quelques jours, lorsqu'elles sont confinées, elles sont plus nerveuses. Il faut qu'elles s'habituent à cet environnement confiné.

Le stress peut même entraîner une augmentation de la mortalité.

Un confinement qui fait grimper les prix ?

Est-ce que le confinement provoque une hausse des prix ? Non, ce n'est pas le confinement en tant que tel qui engendre une augmentation, mais la grippe en elle-même, explique la porte-parole de l'Afsca.

Une entreprise touchée par une infection à la grippe aviaire va devoir être assainie. Cela signifie que tout le cheptel doit être abattu. Donc, inévitablement, les conséquences en termes de production sont évidentes.

Catherine Colot ajoute que cette hausse des prix est aussi liée à l'augmentation de la demande de volaille sur le marché.

On manque de poulets aujourd'hui au niveau européen. Alors, c'est en partie à cause de la grippe aviaire, mais il n'y a pas que cela. Que ce soit pour les poulets ou les œufs, il y a d'autres facteurs qui jouent, notamment une consommation en nette croissance, car ce sont des produits à petit prix.

Quid du bio si les poules sont enfermées ?

Et concernant les œufs, peut-on encore les labelliser bio si les poules ne sortent plus ? Catherine Colot répond :

Oui, il n'y a pas de changement de code. Le code zéro est maintenu parce qu'il y a d'autres critères du cahier des charges bio qui démontrent que l'on va plus loin, notamment au niveau environnemental et du bien-être animal.

Pour les particuliers, aucun confinement n'est obligatoire. L'Afsca recommande toutefois de protéger ses poules et oiseaux avec un filet pour limiter le contact avec les animaux sauvages.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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