Nature
Hastière : plantation de 190 pommiers dans l'un des plus grands vergers de Belgique du 20ème siècle
publié le:02/12/2022 18:16:00 - mis à jour: 04/12/2022 13:40:52
À Hastière, plus de 1.500 pommiers occupaient la rive droite de la Meuse. Ce fut l'un des plus grands vergers de Belgique au 20ème siècle. À cet endroit, 190 fruitiers viennent d'être replantés.
Sur la rive droite de la Meuse, en amont de Waulsort, se dressait, sur plus de 35 hectares, l'un des plus grands vergers de Belgique dès le début du 20ème siècle. Ce verger de 1.500 pommiers, au lieu-dit du "Pré des avocats", a disparu à partir des années 70, au profit de nouveaux lotissements. Jonathan Porignaux est guide à la maison du patrimoine d'Hastière :
À l'époque, ce verger était composé de 130 rangées, perpendiculaires à la Meuse, de 12 arbres. On peut dire qu'il comptait donc environ 1.560 pommiers. Les pommes de ce verger alimentaient, entre autres, la confiturerie Materne.

(Photo : Collection du Musée d'Hastière)
Aujourd'hui, Isabel Pollentier, propriétaire d'une maison d'hôtes sur place, a décidé de rétablir une (petite) petite partie de cet immense verger, sur environ quatre hectares :
Il restait encore quelques pommiers sur le terrain quand nous nous sommes installés, il y a de cela six ans. Mais les arbres n'étaient plus en bonne santé. Nous avons eu rapidement pour projet de replanter un verger. Le projet prend forme aujourd'hui, avec la plantation de 190 fruitiers.
Microclimat de la Meuse
Les 190 arbres fruitiers viennent d'être plantés avant l'arrivée de l'hiver. Ce sont des pommiers en grande majorité, et quelques poiriers dans les zones un peu plus humides. Si les anciens avaient déjà jeté leur dévolu sur ce site pour y implanter un verger, ce n'est pas le fruit du hasard. La rive droite de la Meuse se prête particulièrement bien à la fruiticulture avec un sol fertile, une bonne exposition et un microclimat qui peut sauver la mise dans les moments critiques. Julian Reyser est agronome au centre de recherche agronomique de Gembloux :
La zone est propice au bon développement d'un verger. Le sol est de très bonne qualité. Puis, en cas de gelées tardives, les quelques petits degrés de chaleur supplémentaires apportés par le fleuve, en avril et en mai, font toute la différence. Le microclimat mosan épargne les arbres de ces gelées tardives souvent fatales pour de nombreuses variétés.
Pour la production future de cidre et de jus, il faudra encore un peu de patience, soit une petite dizaine d'années. Alors que les premières et petites récoltes de pommes sont attendues par la propriétaire d'ici quatre à cinq ans.