Logement

Housing First : "Nous avons déjà pu reloger 18 personnes sans-abri depuis notre lancement"

publié le:26/10/2024 06:30:00 - mis à jour: 30/10/2024 17:27:32

L'actualité de cette semaine, la présence de deux personnes SDF devant l'hotel de ville de Dinant, vous a interpellé. Dans notre arrondissement, il existe une solution contre le sans-abrisme : Housing first.

Cette semaine, nous avons reçu François Prumont, coordinateur de l'ASBL Logement et Insertion qui s'occupe du dispositif Housing First. Il s'agit d'un dispositif qui a été lancé il y a un peu plus d'un an pour aider les sans abris à trouver un logement. 

Est ce que c'est la situation que vit les deux personnes sans-abri installée devant l'hôtel de ville de Dinant est interpellante ?

C'est interpellant, mais c'est surtout la partie visible de l'iceberg. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que ces deux personnes-là qui sont dans des situations identiques sur Dinant. On parle de sans-abrisme, moi je parlerais plutôt d'errance parce qu'il y a beaucoup de personnes sur Dinant qui errent comme ça, qui n'ont pas de domicile, une adresse de référence, qui logent à gauche, à droite.

C'est une problématique qui est en train d'apparaître, qui est émergante.

Quelle est l'ampleur de cette problématique à Dinant ?

On a très peu de chiffres parce que nous, on est présents sur l'arrondissement de Dinant depuis un an. Mais actuellement sur Dinant, le dispositif Housing First a mis en logement neuf personnes et nous en avons encore six qui sont suivis "hors logement". Donc il y a encore six personnes qui attendent de trouver un logement.

Nous, l'idée avec Housing First, c'est de travailler sur une solution pérenne de logement.

Comment expliquez-vous que malgré un revenu, certaines personnes n'arrivent pas à trouver un logement ?

Quand on est au CPAS, les propriétaires sont déjà plus frileux et nous sommes dans une crise du logement ou des biens en location sur Dinant. En moyenne, pour une chambre, il faut compter en moyenne 600 €. 

Et en plus maintenant on demande à ce que le loyer ne soit pas trois fois supérieur à ce qu'on gagne. De surcroît, les logements disponibles à 600 € sont souvent des passoires énergétiques. Donc 600 € c'est l'accès au logement effectivement. Mais si derrière il y a 300 euros de frais, ce n'est pas 600 €, mais c'est 900 € que ça leur coûte. Et à ce moment-là, ça devient réellement problématique de pouvoir continuer à vivre. 

Pourtant, il y a pas mal de surfaces, de bâtiments vides dans le centre-ville de Dinant qui ne sont pas occupés.

Il faut interpeller le pouvoir politique. Il y a beaucoup de cellules vides dans la rue de Dinant. Après, il y a une des règles urbanistiques qui parfois ne permettent pas l'accès au logement. Il faut savoir aussi que Dinant est une ville avec des vieilles bâtisses. Et les logements effectivement qui sont, qui sont libres, ne sont pas toujours, ne répondent pas toujours aux conditions de salubrité.

Et donc vous, vous gérez donc l'ASBL qui coordonne Housing First ? C'est quoi ? 

L'idée c'est de transposer un modèle qui a fait ses preuves dans les villes et de tenter de l'implémenter en milieu rural avec des spécificités qui sont différentes. Dans le cadre du plan de relance de la Wallonie, les appels ont été sollicités pour mettre en place ce dispositif en milieu rural. Le milieu rural a ses spécificités que la ville n'a pas.

Combien de personnes est-ce que vous avez pu déjà reloger ? Combien de personnes sont encore en attente ?

Pour l'instant, on a six personnes en attente, on a déjà pu en loger 18 et on a un objectif de 30 pour août 2025 qui est à la fin de notre période de subsides. 

Le problème c'est de trouver le logement pour les reloger. Donc là, c'est vraiment quelque chose qui freine le fait de pouvoir reloger plus.

Quels sont les logements que vous recherchez pour pouvoir donner un toit à ces personnes ?

Essentiellement des petits logements "une chambre". Chose qui est rare dans les sociétés de logements. Il faut savoir que c'est un peu le bien qui est le plus rare. 

L'idée c'est de ne pas créer des ghettos, donc de ne pas trouver un appartement avec un propriétaire qui voudrait être bienveillant en nous disant j'ai un logement avec une maison avec quinze appartements.  On vise vraiment une réinsertion dans des milieux où ils puissent s'épanouir.

Pour l'année qui arrive, pour les prochains mois, qu'est ce que vous espérez ? Quelle est l'ambition du dispositif ?

L'ambition du dispositif, c'est d'arriver à capter de nouveaux logements pour pouvoir répondre aux besoins et aux attentes des personnes qui sont pour l'instant en liste d'attente sur notre dans notre dispositif.

François Ladouce, Journaliste
francois.ladouce@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30