Interview

"Il faut être forte dans sa tête quand on est infirmière"

publié le:12/06/2019 15:43:00 - mis à jour: 13/06/2019 12:12:02

Françoise Gaudron est infirmière depuis 25 ans. Elle travaille au CHU UCL Godinne. Pour elle, il faut être "fort dans sa tête pour résister au stress de ce travail"

Françoise Gaudron est infirmière depuis 25 ans. Elle travaille au CHU UCL Godinne. Pour elle, il faut être "fort dans sa tête pour résister au stress de ce travail":

Quand j'ai commencé ma carrière, je travaillais dans un service d'orthopédie. Pour un patient avec la pose d'une prothèse de genoux, c'était 15 jours d'hospitalisation. Les 4 ou 5 premiers jours demandaient beaucoup de soins post-opératoires, puis le patient entamait sa rééducation et cela nécessitait moins de soins des infirmiers. Aujourd'hui, le même patient va rester 5 jours. Et c'est pareil dans la plupart des pathologies. Cela signifie que, pour le même nombre de lits, nous avons continuellement des patients aigus qui nécessitent une attention plus grande. 

Une part de la patentièle n'a pas toujours conscience des conditions dans lesquelles on travaille et certains se scandalisent d'un délai de cinq minutes de réaction. On peut entendre alors "Mais vous êtes payés pour ça!" Au début de ma carrière on n'était pas du tout confronté à cela.

Notre message s'adresse aux fédérations patronales, qui ne veulent pas toujours reconnaître qu'il faut revoir les normes d'encadrement, car cela a un coût. Aujourd'hui les gestionnaires préfèrent consacrer du budget à embellir l'hôpital plutôt qu'engager du personnel supplémentaire.

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