Cela fait 10 ans que l'accident de Godinne a eu lieu. Deux trains avec des produits inflammables entraient en collision: le village est évacué en urgence, mais on ne compte finalement aucune victime.
Cela fait 10 ans que deux trains de marchandises sont entrés en collision à Godinne. Les deux trains roulaient sur la même voie et le second a embouti le premier. Cet accident spectaculaire n'a fait aucun blessé, mais les souvenirs sont encore bien présents pour Charles Paquet. Il était à l'époque le bourgmestre d'Yvoir depuis quelques mois à peine:
Je me souviens que quand je suis arrivé, il y avait tout un amas de wagons les uns sur les autres. Quand j'ai appris l'accident, je suis d'abord resté à la commune durant un quart d'heure pour aider les personnes qui devaient gérer la crise sur le plan administratif, et puis je suis venu sur place.
Si le wagon avait explosé...
Daniel Boussifet était commandant des pompiers au moment de la catastrophe. Très vite, les équipes sous ses ordres comprennent que le train transporte du disulfure de carbone, hautement inflammable. La citerne qui contient le produit était lourdement endommagée par deux poteaux en métal, se souvient le pompier à la retraite:
Quand on est arrivé sur place, on a mis en place un périmètre de sécurité, comme c'est de rigueur lorsqu'il y a ce type de produit impliqué. On a évacué toutes les personnes qui se trouvaient dans ce périmètre. Progressivement, le périmètre est passé de 800 à 350 mètres autour de l'accident. Si le wagon avait explosé, la moitié de Godinne aurait été rasé.
Le voisinnage a changé
Aujourd'hui, beaucoup des riverains directs des rails n'habitent plus là ou sont décédés. Deux wagons avaient d'ailleurs fini leur course dans un jardin. Le nouveau propriétaire de ce jardin, Michel Foret, a acheté la maison un an après l'accident:
J'ai vu ma maison pour la première fois à la TV quand il y a eu l'accident, je ne me doutais pas que j'allais l'acheter un an plus tard. Il y a des gens qui m'ont dit: "tu as acheté la maison où il y a eu l'accident de train?". "Oui, je l'ai acheté et la maison n'a rien eu". Au moment de l'achat, les services du chemin de fer avaient déjà totalement remis le jardin en ordre. On est très bien ici.
D'après un rapport du SPF mobilité, l'accident est dû à une surtension provoquée par une automotrice de la SNCB. Cette surtension a endommagé les relais de sécurité. L'un des feux restait constamment au vert. Depuis cet accident, Infrabel, par la voix de son porte-parole Frédéric Sacré, explique avoir procédé depuis à une informatisation poussée de son système:
L'organe d'enquête qui a émis un rapport sur cet accident préconisait à Infrabel de mettre en place des dispositifs qui protègent mieux la signalisation ferroviaire d'interférences électriques, de courts-circuits qui pourraient venir de trains qui passent ou de la foudre. Nous avons mis cela en place ces dernières années. Dix ans plus tard, la signalisation ferroviaire n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était à l'époque sur cette ligne qui relie Anvers au Luxembourg et à la France. La signalisation a été modernisée. Elle est aujourd'hui plus sûre parce qu'elle est digitalisée.
Les poursuites au civil et au pénal sont toujours en cours dans ce dossier. Aucune vérité judiciaire n'est établie à ce jour.