Un citoyen dinantais a usé de son droit d’interpellation au conseil communal pour attaquer violemment les politiques menées. Une charge outrancière mais qui témoigne d’une certaine vitalité démocratique.
C'est une charge comme on en a rarement entendu au sein du conseil communal dinantais et pourtant, parole d'une journaliste qui suit ces séances depuis longtemps, les lieux ont déjà abrité de nombreux débats très virulents. Ce lundi, l'attaque ne venait pas de l'opposition mais bien d'un citoyen qui, le temps d'une interpellation, a dézingué l'action politique actuelle mais également les choix du passé.
L'interpellation de Corentin Choque s'articule en trois points : la propreté, les bâtiments à l'abandon, les commerces de la rue Grande :
Dinant devient petit à petit une décharge à ciel ouvert. Dans le quartier de la gare, des détritus jonchent les rues, trottoirs et parkings. Les poubelles débordent chaque jour.
Il s'attaque ensuite aux « chancres » du centre-ville : la station Texaco, Mr Bricolage, Mont-Fat, l'école Notre-Dame qui sont, comme le rappellera l'échevin Christophe Tumerelle, des projets privés. Cependant, Corentin Choque ne s'arrête pas là et va jusqu'à attaquer la Croisette :
Les seules choses qui semblent se concrétiser sont celles qui enlaidissent encore plus la ville, le parking Patenier immonde, la passerelle de la gare qui est un coup de poing dans le paysage et la fameuse Croisette dont il faut souligner l'horreur visuelle.
Dernière partie de cette attaque en règle, le commerce dans la rue Grande :
On peut se réjouir de l'ouverture des commerces mais aucun problème de fond lié à cette rue n'a été réglé. Combien de ces commerces seront encore debout à la fin de cette législature ? Allez faire un tour en face de l'Hôtel de Ville, les devantures sont abandonnées, remplies de saleté et de toiles d'araignées. Dinant ressemble au Bronx des années 80.
Richard Fournaux cite Kennedy
Le président du conseil, Clément Beghuin, a beau avoir rappelé les règles qui régissent ces interpellations citoyennes, à savoir 10 minutes pour l'interpellation et 10 minutes pour la réponse du collège, on dépassera largement les prescrits légaux. Le collège est manifestement piqué au vif, Julien Floymont, Christophe Tumerelle, Niels Adnet et Richard Fournaux se succèdent pour répondre. Durée de leurs interventions : 18 minutes, montre en main.
Julien Floymont rappellera qu'il n'est pas un magicien et que la propreté publique est avant tout une question d'éducation. L'échevin plaide d'ailleurs pour qu'on retire des poubelles de l'espace public. Plus il y en a, plus les déchets s'accumulent.
Pour les chancres répertoriés dans le centre, Christophe Tumerelle signale que ce sont des propriétés privées et pour bon nombre d'entre elles, les propriétaires ont obtenu un permis de bâtir.
Concernant les commerces, Niels Adnet détaille (très longuement) les nouvelles arrivées de commerces au bout de la rue Grande, endroit identifié comme stratégique. Il signale aussi la volonté du Collège de taxer les bâtiments vides.
Enfin, le bourgmestre, Richard Fournaux, se dit extrêmement peiné des attaques contre la Croisette que tout le monde considère comme une réussite. Puis paraphrasant Kennedy, il invite monsieur Choque, non pas à se demander ce que la Ville peut faire pour lui, mais plutôt à se demander ce qu'il peut faire pour Dinant :
Je ne pense pas que votre discours contribue à faire quelque chose de positif pour la Ville.
La parenthèse s'arrêtera là. Cette interpellation sans doute aussi excessive dans les dossiers abordés qu'outrancière dans le choix des mots ne fera sans doute pas avancer les choses mais elle aura au moins eu le mérite de démontrer que le conseil communal peut être le lieu d'une prise de parole citoyenne. Les Dinantais ne sont pas condamnés qu'à râler sur Facebook. Et ça, c'est plutôt réjouissant.