Analyse

L’ambiance politique à Yvoir ? Ça va mieux, merci !

publié le:04/02/2022 08:17:00 - mis à jour: 04/02/2022 12:18:00

Après un début de mandature qui avait échauffé les passions à Yvoir, la politique a retrouvé une sérénité certaine.

Souvenons-nous. Au lendemain des élections communales de 2018, une première coalition LB – EPY s'était formée, avec une majorité qui ne tenait qu'à un siège mais qui était dans la continuité de la précédente.

Une mini-manif citoyenne et un désistement plus tard, la Liste du Bourgmestre d'Etienne Defresne s'alliait, un peu contrainte et forcée, à La Relève de Patrick Evrard, consacrant ce dernier comme bourgmestre. On a connu des unions plus spontanées…

Et pourtant, « la mayonnaise a pris », comme le raconte Etienne Defresne, éphémère bourgmestre et néanmoins beau joueur :

La mayonnaise a pris beaucoup plus rapidement que je ne le pensais : chaque groupe a porté très rapidement ce qu'il était censé apporter. Notre groupe avait un background et une expérience chez les « anciens échevins » et les nouveaux ont apporté dans la corbeille de mariage des idées fraiches en mobilité, environnement, qui étaient peut-être des éléments insuffisamment pris en compte antérieurement.

Dans la rue et sur les réseaux sociaux, cette période fut agitée. Il y a eu la manif citoyenne: de mémoire de journaliste, on n'en avait connu qu'une auparavant, à Namur, au lendemain d'une élection marquée par un scandale au PS.

Et sur les réseaux, c'est simple : des 15 communes couvertes par Matélé, Yvoir est la seule où nous avons dû prendre la décision d'interdire purement et simplement tout débat politique sur le groupe Facebook local ! Dérapages et insultes étaient devenus le lot quotidien.

Dans la minorité, Bertrand Custinne (Ensemble pour Yvoir) occupe un « petit » 3 sièges sur 21, mais avec une capacité de travail (et de nuisance, s'il l'avait voulu), nettement plus importante que la portion congrue du conseil qu'il représente.

Trois ans plus tard, où en est-on ? Réponse de Bertrand Custinne (EPY) :

Tout d'abord il faut souligner que l'ambiance au conseil communal est très respectueuse entre majorité et opposition. Au-delà des divergences, il y a du respect et c'est salutaire.

Le bourgmestre Patrick Evrard souligne pour sa part que dans un effort de communication, le Collège a ouvert, pour la première fois, le bulletin communal à l'opposition : autre signe de « détente » politique.

Quelle évolution ! Encore un geste de bonne volonté : EPY pointe spontanément les « bons » dossiers de la majorité au moment de parler du bilan, au rang desquels on trouve l'action sociale, le guichet numérique, le salon Y voir-Cité, et enfin la communication « mais avec des bémols ».

Pour autant les points de discorde ne manquent pas. Les projets à plusieurs millions d'euros s'alignent, note Bertrand Custinne :

  • salle de Mont : 2,4 millions
  • maison des assocations : 1 million
  • école de Dorinne : 4 millions
  • complexe sportif de Purnode: 1 million
  • complexe sportif de Godinne : 4 millions
  • agrandissement de maison communale : 2 millions.

Des montants importants qui inquiètent la minorité :

Comment gérer ça au niveau de la dette communale ? On a eu des projections de l'endettement communal : on pourrait monter jusque à 200 ou 300.000 euros d'intérêts supplémentaires, sauf à augmenter la fiscalité. Les salaires du personnel ont augmenté aussi : alors oui, ces projets sont nécessaires, mais sont-ils indispensables dans de courts délais ?

Dialogue citoyen

 

Pour Patrick Evrard, le premier point à souligner dans le bilan, concerne la prise en compte des attentes des citoyens:

On a lancé une page Facebook et on a renforcé le site web. On a organisé en septembre et octobre des rencontres avec les habitants de chaque village : 8 rencontres. Cela a permis un partage et une écoute, même s'il n'est pas possible de trouver des solutions. Ces efforts sont réels mais toujours insuffisants ; un gros défi est de renouer ce lien de confiance entre citoyens et monde politique. Il suffit de voir les réseaux sociaux pour constater une grande défiance et une incompréhension. Pour continuer à s'ouvrir, on va d'ailleurs continuer les live du conseil communal en présentiel mais c'est un challenge technique.

Etienne Defresne ne partage pas complètement cette analyse :

Les gens qui sont contents ou neutres ne s'expriment pas : on ne retrouve sur les réseaux sociaux que ceux qui ont quelque chose à redire, parfois des critiques constructives mais aussi une part négligeable de « râleurs professionnels ». J'ai pris mes distances parce que je ne suis pas de marbre, le matraquage est destructeur. Mais je n'ai pas un sentiment de ne plus être proche des citoyens, j'en veux pour preuve les 8 réunions citoyennes dans les villages : le Collège, sous l'impulsion de Patrick Evrard, a une vraie volonté de se rapprocher de se rapprocher du citoyen.

Bertrand Custinne apporte ici ses « bémols » :

Sur deux gros dossiers, il n'y a pas eu de concertation préalable avec les riverains, et cela a suscité des crispations : la salle de Mont et l'école de Dorinne. La communication s'est améliorée mais est loin d'être optimale.

Patrick Evrard le concède :

Le projet de l'école reste intéressant mais on a un travail à faire de mieux expliquer, mieux présenter les choses : les volets financier, pédagogique et fonctionnel doivent être mieux expliqués.

 

L'entretien des voiries, sujet de mécontentement

 

Un objet de mécontentement des habitants sur le groupe Facebook de Matélé concerne l'entretien des voiries, des bords de l'eau, la chasse aux incivilités…

Patrick Evrard reconnaît qu'il s'agit d'un point qui doit être amélioré :

La crasse amène la crasse. Si on est plus réactif et régulier dans les entretiens, on pourra éviter un effet d'accumulation. Le service voirie et environnement doit améliorer la régularité et la planification des entretiens, aussi bien pour les saletés que pour les voiries. C'est un objectif.

Sur ce dossier, Etienne Defresne met à nouveau en garde contre l'effet réseaux sociaux :

La moindre saleté est montée en épingle mais tout n'est pas forcément plus mauvais qu'avant : je ne vois pas de détérioriation, au contraire on a mis en place une collecte de canettes et 2 tonnes ont été collectées. Je pense aussi au Contrat Rivière qui a amélioré la propreté des cours d'eau. Les détritus à l'embouchure du Bocq, il y en a encore mais moins qu'avant.

Malaise dans l'administration ?

En 2018, alors candidat-bourgmestre, Patrick Evrard avait souligné des tensions importantes dans l'administration. C'était lors du débat pré-électoral de Matélé. Trois ans plus tard, où en est-on ? Selon Patrick Evrard, c'est en voie d'apaisement :

Selon la médecine du travail, il semblerait que ça aille mieux. De là à dire que tout va bien et tout le monde est super heureux, non. Il reste à améliorer l'ambiance et que les gens puissent mieux se réaliser dans leur boulot : aussi bien agents ouvriers que les agents d'administration.

Bertrand Custinne est nettement plus inquiet :

Il y a un grand sentiment de pression, un ressenti, un manque de reconnaissance qui commencent à poser problème. Il y a des licenciements, et aussi des burn-out, et des départs volontaires. Nous avons tiré la sonnette d'alarme il y a quelques mois. on ne tire pas sur le collège ou qui que ce soit mais on demande de mettre de la concertation, de rassurer les agents. On a demandé à ce qu'on soit attentif que les gens ne soient pas en décrochage ou non reconnus dans leur profession, en particulier en télétravail où les tensions peuvent vite être mal vécues.

Pourquoi n'a-t-on pas supprimé la taxe égouts ?

Dans chaque groupe Facebook local, Matélé a demandé aux habitants d'établir la liste de leurs demandes. Etonnamment, à Yvoir, la grosse majorité des votants ont demandé la suppression de la taxe égouts « comme promis il y a trois ans ». On a demandé au bourgmestre de commenter :

On a défendu cette idée car la taxe n'est pas équitable, elle n'est pas proportionnelle au revenu et on voulait la remplacer par une augmentation de l'impôt sur le revenu (IPP). On a donc augmenté l'IPP et le précompte immobilier mais ces augmentations n'ont pas donné pas le résultat escompté, les rentrées fiscales brutes ont à peine augmenté. Est-ce que c'est un impact du confinement qui a ponctionné des revenus ? Je ne sais pas. En tout cas, en terme d'équilibre du budget, on ne peut pas encore se permettre de supprimer cette taxe.

Que peut-on attendre de la deuxième moitié de législature ?

 

A la moitié de législature, les dossiers sont loin d'être encore tous « sortis de terre », évidemment. Patrick Evrard énumère quelques gros dossiers :

On est parvenu à obtenir 700.000€ à 800.000 euros de la Région auxquels s'ajoutent 200.000 de la commune pour rénover la traversée de Spontin par la chaussée de Dinant : c'est l'occasion de refaire la chaussée et modifier complètement les trottoirs qui n'ont que 60 cm de large à certains endroits. On aura 1,20 mètre minimum de large avec une extension du parking et la rénovation de la petite place, et ce sera réalisé dans les 3 ans. Autres travaux qui seront terminés dans les 3 ans : l'école de Dorinne, la maison rurale à Mont, la maison rurale Godinne, et rénovation salle polyvalente de Purnode.

Promis : Matélé relèvera dans trois ans la réalité de ces projets !

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CDJ

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