Mont-Fat

L’opposition dinantaise juge le projet Dormio «mauvais et dangereux»

publié le:10/05/2017 12:03:00 - mis à jour: 10/05/2017 23:24:15

Au conseil communal de Dinant, un point technique de l’ordre du jour s’est transformé en charge en règle contre le projet de village de vacances sur le site de Mont-Fat.

Au départ, il s'agissait pour les conseillers communaux dinantais de voter la désignation d'un bureau d'études chargé de travailler sur un nouveau plan communal d'aménagement (PCA) pour le site de Mont-Fat. La discussion a rapidement tourné en un véritable plaidoyer contre le projet Dormio de village de vacances.

Un PCA permet aux communes d'organiser de façon détaillée l'aménagement d'une partie de leur territoire. Il précise ou révise le plan de secteur. Le PCA adopté par la Ville de Dinant pour la zone de Mont-Fat a été annulé par le Conseil d'Etat en juin 2016. Il faut donc le modifier.

Pour faire bref, dans ce PCA révisé, on garderait la création d'un parking de dissuasion, d'un complexe touristique ou d'un nouveau quartier d'habitat ainsi que la construction d'infrastructures de loisirs et de détente et on supprimerait la liaison verticale puisque c'est elle qui posait problème au Conseil d'Etat.

Haro sur le projet Dormio

Les trois partis de l'opposition ont vu dans cette désignation d'un bureau d'études l'occasion de dire tout le mal qu'ils pensaient du projet Dormio craignant manifestement que le nouveau PCA soit « taillé sur mesure » pour l'investisseur néerlandais.

« Moi, je suis triste de voir un promoteur qui va à Bethléem puis se tourne vers Mont-Fat, qui exerce une forme de chantage depuis 10 ou 15 ans. Cela confirme le montage un peu bizarre de ce dossier. Si Dormio juge qu'on n'est pas assez conciliant avec lui, qu'il s'en aille ! » plaide Laurent Belot (PS)

« Malgré les années, le projet n'est toujours pas mûr. Si le village de vacances ne fonctionne pas, ce sera une catastrophe. On va se retrouver avec des logements précaires sur un terrain dont la localisation est idéale. » enchaîne John-Laurent Nève (Ecolo)

« Oui, il faut modifier le PCA, l'emplacement est capital. Le problème est que cette demande est faite pour un projet pour lequel peu de gens ont des infos. La présentation de Dormio fin mars était affligeante. Un étudiant qui me fait une présentation comme ça, je le pète ! » conclut Axel Tixhon (cdH)

L'opposition tout comme les conseillers de la majorité Thierry Bodlet et Marie-Christine Vermer, craignent qu'on ne modifie le PCA pour le projet Dormio sans avoir toutes les garanties nécessaires. Les reproches fusent : à ce stade, on ne connaît pas les investisseurs qui vont financer le projet estimé à 50 millions d'euros. On n'aurait pas de garanties quant à la construction effective d'une piscine. En outre, cette piscine sera-t-elle couverte et accessible aux Dinantais ? Et puis, en l'absence de liaison verticale, se pose aussi la question de l'accès au téléphérique (propriété de la Citadelle) pour descendre en ville.

Richard Fournaux rappelle que le point à l'ordre du jour est simplement la désignation d'un bureau d'étude chargé de travailler sur la modification du PCA. Pour le reste, le Collège va à nouveau rencontrer Dormio et espère « pouvoir arriver au prochain conseil communal avec un maximum d'informations et de garanties ».

Le Bourgmestre tient également à souligner que « Dormio sera chez lui sur les terrains qu'il va acquérir et qu'il devra mener son projet selon les conditions que nous lui imposerons quand il demandera les permis. »

Finalement, le point est voté. La minorité s'y oppose, tout comme Thierry Bodlet. Marie-Christine Vermer accepte de voter le point à la seule condition que la mention qui stipule la possibilité de construire sur le site de Mont-Fat « des infrastructures de loisirs OU un quartier d'habitat » soit mise en évidence.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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