Photographie

L'urbex, l'exploration urbaine vue par deux photographes de la région

publié le:28/03/2025 18:16:00 - mis à jour: 01/04/2025 17:32:22

Partir à la découverte de l’urbex, c’est l’invitation faite par la Maison qui Bouge de Maffe où deux photographes exposent du 27 mars au 13 avril leurs clichés de lieux abandonnés par l’homme.

Officiellement, la pratique est interdite. Mais à travers les réseaux sociaux, elle continue de gagner en popularité. L'urbex, ou l'exploration de lieux abandonnés, est devenue au fil du temps la passion de Sabine Coulon et Jérôme Van Quaethem, deux photographes de la région. Sabine explique sa philosophie:

On est vraiment sur la limite, sur un fil au niveau légal. Mais on entre dans un lieu uniquement s'il est ouvert, c'est important de le préciser. On ne force rien. Je vérifie toujours au préalable que personne n'y habite ou ne l'utilise. À ce moment-là, on se sent droits dans nos bottes.

Parmi les spots préférés de ce binôme, il y a le domaine de Serinchamps. Cet ancien château-ferme était une colonie scolaire prisée par les Bruxellois jusque dans les années 70. Aujourd'hui, le site n'est plus que l'ombre de lui-même, laissé complètement à l'abandon. Jérôme ajoute:

Dans certains cas, tout est figé. On a l'impression que les gens sont partis le matin et ne sont jamais revenus. 

Si l'un aime les plans larges et l'immensité des lieux, l'autre urbexeuse a l'attrait du détail, qui en fait un binôme pour le moins complémentaire. Sabine s'épanche un peu sur ses envies:

Moi j'aime beaucoup photographier dans des manoirs, par exemples. Mais j'adore également tout ce qui tourne autour des carcasses de véhicules. Je trouve que les vieilles voitures avaient beaucoup de charme et beaucoup de caractère par rapport aux véhicules qu'on a aujourd'hui.

Une pratique parfois très risquée

Mais cette pratique n'est pas sans risque et les deux urbexeurs sont bien placés pour le savoir. Ils veulent conscientiser les jeunes au danger que l'exploration représente. Jérôme commence:

On essaie de regarder où on met les pieds aussi bien en bas qu'en haut pour voir un peu comment la structure autour de nous se comporte. Ici, par exemple, on peut voir que l'escalier qui monte à l'étage est en train de s'effondrer. On ne va donc pas monter, c'est trop dangereux.

Sabine a vécu une très mauvaise expérience:

J'ai fait une chute de trois mètres de haut. J'étais en train de faire des photos et puis, tout d'un coup, je me suis réveillée aux soins intensifs. Cela ne m'a pas refroidit de faire de l'urbex. Par contre, cela m'a ma rendu encore plus prudente avec cette nouvelle envie de dire aux autres d'être prudents à leur tour.

Sabine et Jérôme exposent du 27 mars au 13 avril leurs œuvres à la Maison qui Bouge de Maffe. Ils seront aussi au centre d'une conférence sur la pratique de l'urbex organisée en collaboration avec le centre culturel de Havelange.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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