Environnement

La crassule des étangs, une menace discrète pour la biodiversité

publié le:10/06/2026 09:12:00 - mis à jour: 11/06/2026 14:59:24

Présente aux Jardins d'Annevoie depuis plusieurs années, la crassule des étangs poursuit sa progression. Cette plante invasive est capable de coloniser aussi bien les milieux aquatiques que terrestres.

Elle semble anodine, presque inoffensive. Pourtant, cette petite plante aquatique représente aujourd'hui une véritable menace pour les écosystèmes. La crassule des étangs, aussi appelée crassule de Helms, est une espèce invasive originaire d'Australie et de Nouvelle-Zélande.

La crassule gagne actuellement du terrain en Europe. Aux Jardins d'Annevoie, elle est présente depuis plusieurs années déjà et se développe notamment dans le Rouillon. Michel Fautsch, naturaliste, détaille :

C'est une plante qui a pas mal intéressé les aquariophiles et, lors d'un nettoyage d'aquarium, la plante a pu se retrouver dans la nature. On estime que c'est au milieu des années 80 qu'on a commencé à la retrouver de manière spontanée dans des milieux naturels. Depuis, elle colonise de plus en plus de zones. Il ne faut pas en prélever parce que ce sont justement des actes de gestion qui ne sont pas toujours contrôlés, qui peuvent disséminer la plante.

Une vitesse de propagation impressionnante

La crassule des étangs se propage à une vitesse impressionnante. Lorsqu'elle prolifère, elle forme des tapis végétaux très denses qui privent les espèces locales d'espace, de lumière et parfois même d'oxygène :

Le problème supplémentaire avec la crassule, c'est qu'elle a une forme aquatique, mais elle a aussi une forme terrestre. La plante peut sortir des bassins, sortir de la rivière et coloniser toutes les zones humides environnantes. Or, on sait bien que les zones humides sont des refuges de biodiversité immenses.

Aux Jardins d'Annevoie, sa présence ne se limite plus au ruisseau qui traverse le site, mais s'étend également à plusieurs étangs du domaine. Face à cette invasion, rester sans agir n'est pas une option. Mais toute intervention doit être menée avec précaution afin d'éviter de favoriser involontairement sa dispersion. Ernest-Tom Loumaye, propriétaire des Jardins d'Annevoie :

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas d'impact esthétique sur le jardin. La mauvaise nouvelle, c'est qu'on n'a pas de solution donnée par les experts pour vraiment éradiquer cette plante. Pour nous, c'est une question de gestion de la plante et de travail supplémentaire pour les jardiniers afin d'éviter que cette plante ne prenne trop d'importance et ne lutte contre d'autres espèces qu'on trouve chez nous.

Présente dans plusieurs régions de Wallonie, notamment dans le Brabant wallon, la crassule des étangs figure parmi les espèces les plus surveillées par les Contrats de rivière. Les personnes qui l'observent dans la nature sont invitées à signaler leur découverte sur le site observations.be. Ces données sont précieuses pour mieux suivre sa progression et limiter sa propagation.

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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