Chasse

La traque-affût, ou chasse silencieuse, un mode de chasse alternatif testé à Rochefort

publié le:12/12/2024 10:42:00 - mis à jour: 15/12/2024 01:15:11

La traque-affût est une alternative à la battue traditionnelle, qui se veut plus respectueuse du gibier et de l'environnement forestier. A Rochefort, les chasseurs l'expérimentent pour la quatrième année.

La journée de chasse commence de bon matin dans la forêt domaniale Saint-Remy à Rochefort. Après avoir vérifié les permis de chasse et attribué un poste par tirage au sort à chaque chasseur, le chef du cantonnement Thibaut Gheysen rappelle les règles de sécurité et le nombre de gibier autorisé à être tiré ce jour-là.

Aujourd'hui, on ne peut tirer qu'un seul cerf boisé. Donc le premier qui a la chance de le tirer prévient les autres via le groupe WhatsApp. En cas de non respect de cette règle, l'indemnité est de 750 euros.

Ensuite, les quinze chasseurs rejoignent leur poste, les traqueurs et leurs chiens se mettent en route. La traque-affût peut alors commencer. Kevin Brams fait partie des traqueurs, accompagné de son jeune golden retriever.

Pour le moment, on est en pleine poussée silencieuse. On vient de passer dans une remise, où le gibier se cache en général. Donc on essaie de le faire sortir de là en passant de long en large.

Kevin Brams, traqueur, et son golden retriever

Après une quinzaine de minutes seulement, le groupe WhatsApp des chasseurs s'anime. Un cerf boisé a déjà été tiré.

Un mode de chasse plus "respectueux" du gibier

La traque-affût a la particularité d'être silencieuse, contrairement à une battue traditionnelle. Dans ce type de chasse, ni les cors de chasse ni les aboiements des chiens ne perturbent la quiétude de la forêt. Les chiens sont tenus en laisse pour ne pas effrayer le gibier, précise Thibault Gheysen.

Un peu comme des promeneurs qui circulent en forêt et qui ont la chance de tomber sur un chevreuil, l'animal va bouger mais ne va pas courir car il ne va pas se sentir spécialement en danger. Il va juste se déplacer et s'il passe à proximité d'un poste de tir, le chasseur pourra le prélever.

Cette technique de chasse vise à améliorer le bien-être animal, en réduisant les risques de tirs ratés et en limitant la souffrance animale, explique le chef du cantonnement.

Vu que les animaux ne sont pas à la course, comme ils peuvent l'être lors d'une battue à cor et à cri, le chasseur a plus de temps pour viser l'animal. L'objectif est d'utiliser une balle par animal, en évitant de devoir achever un animal parce que la balle est arrivée au mauvais endroit.

Au cours de cette journée de chasse, un cerf boisé, un sanglier et cinq chevreuils auront été tirés, avec seulement 11 balles.

Une nouvelle méthode en plein développement

C'est la quatrième année que le cantonnement de Rochefort pratique la traque-affût, et ce deux fois par an, avec une quinzaine de chasseurs qui paient une licence de 150 euros la journée. Au début, ce mode de chasse alternatif, originaire d'Allemagne, suscitait de la méfiance. Mais aujourd'hui, les chasseurs viennent de Charleroi, de Bruxelles voire même de Flandre pour y participer, remarque Thibault Gheysen.

L'objectif est de permettre à des gens qui n'ont pas de territoire de chasse, puisqu'il y a encore peu de territoires qui pratiquent la traque-affût, de venir à Rochefort pour le tester et voir comment c'est mis en oeuvre. 

La traque-affût permet aussi de garder les chemins ouverts. Les promeneurs peuvent donc continuer à profiter de la forêt sans risque, même pendant la chasse. 

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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