Le Conseil communal de Dinant a pris la décision d’exproprier, pour cause d’utilité publique, l’immeuble voisin de l’Hôtel de Ville. Ce bâtiment avait notamment abrité le magasin Zeeman.
Les services communaux dinantais se trouvent à l'étroit dans les murs de l'actuel Hôtel de Ville. Pour remédier à cela, les autorités communales cherchent de nouveaux espaces. Elles ont déjà acheté le rez-de-chaussée de l'ancienne poste. Elles ont également décidé, lors du conseil communal de ce lundi, d'exproprier pour cause d'utilité publique, l'immeuble contigu à l'Hôtel de Ville.
Cette décision d'expropriation peut a priori surprendre sachant que l'immeuble est actuellement en vente au prix de 330.000€. Lors de sa mise sur le marché, l'opposition socialiste avait d'ailleurs proposé d'acheter l'immeuble. La majorité avait alors refusé. Le Bourgmestre, Richard Fournaux, explique ce revirement :
Nous pensions que le prix de vente était surévalué. Depuis, nous avons eu connaissance d'une estimation d'un géomètre de l'INASEP qui est très en-dessous du prix affiché.
En clair, la Ville espère que le prix qu'elle devra payer dans le cadre de la procédure d'expropriation sera moins élevé que celui qu'elle aurait déboursé dans le cadre d'une simple vente. Ce prix n'est actuellement pas connu puisque l'estimation du bien ne peut être officiellement faite qu'après le lancement de la procédure. «C'est la nature du risque !» reconnaît Richard Fournaux.
Le Bourgmestre espère pouvoir financer l'opération grâce à des subsides wallons via le PIC (plan communal d'investissement).
L'opposition reste sur sa faim
Personne ne s'est formellement opposé à l'expropriation. Le groupe cdH rejoint par Marie-Christine Vermer s'est abstenu alors que les socialistes et le conseiller Ecolo, John-Laurent Nève, votaient avec le reste de la majorité.
Pourtant, la procédure pose question. D'abord, parce qu'à l'époque où les socialistes voulaient faire acheter l'immeuble par la Ville, le Collège avait rétorqué qu'il était dans un très mauvais état et qu'à part la très belle façade, tout devrait être refait.
Laurent Belot (PS) s'interroge :
Quel est votre projet pour cet immeuble ? Pour ma part, je souhaite vraiment qu'on n'installe pas du commerce au rez-de-chaussée mais qu'on crée un véritable espace citoyen.
Sur ce point, Richard Fournaux refuse de s'engager. Manifestement, l'Echevin de Commerce, Christophe Tumerelle, souhaiterait, au contraire, qu'on réserve cette partie à une activité commerciale. Axel Tixhon (cdH) résume les inquiétudes de la minorité :
On achète mais on ne sait pas à combien, on ne sait pas quels travaux doivent être faits et vous n'avez pas de projet précis.
John-Laurent Nève, pour Ecolo, enfonce le clou :
Ce projet part dans tous les sens. Vous dites que c'est l'estimation qui vous a fait changer d'avis mais ce n'est pas 100.000€ de différence dans le prix d'achat qui change quelque chose quand il faudra mettre un million de travaux dans l'immeuble.
Malgré les critiques, l'expropriation est votée. Richard Fournaux promet que la Ville va se faire aider par des spécialistes pour le redéploiement des services publics. «En ayant les deux immeubles sous la main (l'ancienne poste et l'ancien Zeeman, ndlr), on va pouvoir prendre les bonnes décisions.»
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