Agriculture
Le surplus de pommes de terre fait chuter les prix
publié le:22/10/2025 13:16:00 - mis à jour: 23/10/2025 16:38:52
Cette année, la récolte des patates atteint des records. Résultat : le marché sature et les prix s’effondrent. À Ossogne, la Ferme Vrancken a choisi d’en faire profiter aux associations.
À la Ferme Vrancken, à Ossogne, la campagne d'arrachage touche à sa fin et le constat reste sans appel. Cette année, la récolte est bien plus importante que les années précédentes. Vincent Peeters, agriculteur à la ferme Vrancken, chiffre cette augmentation:
Par rapport à une année moyenne, on a une trentaine de pourcents en plus. Par rapport à l'année dernière, c'est quasiment le double.
Un surplus à donner aux associations
Cette abondance s'explique par une météo favorable depuis le début de la saison. Les plantations ont d'ailleurs débuté plus tôt, dès le mois d'avril. Des conditions idéales pour favoriser la croissance des pommes de terre. Conséquence : il y a trop de patates et pas assez de places pour les stocker. Face à cette situation, Carine Francken, agricultrice à la Ferme Francken, préfère agir et lance un appel :
J'invite toutes les associations intéressées à nous contacter. On va faire un arrachage et un ramassage directement au champ pour les associations qui sont intéressées. Ainsi, elles pourront avoir du stock pour l'hiver.
Une chute de prix inédite
Pour les producteurs travaillant sous contrat avec les industries, les prix sont fixés à l'avance et restent stables. Ceci représente environ 70% de la production. Mais pour le marché libre, la situation est tout autre. L'offre est surabondante, ce qui fait fortement chuter les prix. Une situation renforcée par une autre cause inédite : la demande sur le marché de la frite surgelée diminue. Pierre Lebrun, directeur de la Filière wallonne de la pomme de terre (Fiwap), détaille :
Les ventes sur le marché mondial de la frite diminuent. C'est une première depuis 30 ans. Les producteurs n'y sont pas habitués, ni même préparés. Les surfaces de production ont augmenté, alors que les ventes diminuent. Ce n'était pas forcément attendu tout de suite.
Les prix atteignent désormais des niveaux très bas. Pour une tonne, les prix varient entre 5 et 15 euros, contre environ 150 euros en temps normal. D'après Pierre Lebrun, l'une des solutions serait une remise à zéro.
Il faut repartir avec des bases de productions qui correspondent aux perspectives de l'offre et de la demande, indépendamment des variations de rendements. Ça ne peut se faire que par la surface.
Cette situation inédite pousse le secteur à s'interroger sur les futures productions. Certains pensent diminuer leurs surfaces, ou les remplacer par des productions alternatives.
Caroline Pluymers