La commune de Hastière compte plus d'une vingtaine de domaines et cinq d'entre eux font partie du plan habitat vert de la Région wallonne. La commune veut améliorer la qualité de vie des résidents.
À Hastière, près d'un habitant sur cinq réside dans ce qu'on appelle ici un "domaine". On en dénombre plus d'une vingtaine dans la commune. Ce sont des anciennes zones de loisirs privées où sont installées des caravanes, des chalets et même des maisons en dur. Jadis conçues pour la seconde résidence, ces zones ont vu de plus en plus de personnes y élire domicile, avec parfois d'énormes inconvénients au quotidien, comme le rappelle Mathieu Morelle, conseiller communal de l'opposition:
Quand on n'habite pas la commune, on ne s'en rend pas toujours compte. Mais il y a encore des personnes chez nous qui ne savent pas se chauffer, qui n'ont parfois pas accès à l'électricité, à l'eau,... Il y a des situations qui sont vraiment scandaleuses.
La Wallonie a décidé de prendre ce problème à bras-le-corps. Elle veut transformer ces domaines où l'habitat est parfois permanent en zone d'habitat vert au plan de secteur. Dans la commune, cinq domaines ont été retenus pour le moment par la Région. Concrètement, cette dernière aiderait financièrement les autorités communales pour investir dans les infrastructures comme les voiries, la distribution d'eau, l'électricité,... Cela constituerait une manne d'argent indispensable, puisqu'on parle de subsides à hauteur de 70% du coût des travaux. Claude Bultot, le bourgmestre, le confirme:
Sans subsides, c'est impossible. Si on additionne les cinq domaines, on dépasse les 2.000.000€! Même en décomptant les subsides, cela reste une dépense très conséquente pour les finances communales.
"La commune pourrait prendre ses responsabilités"
Dans ces domaines privés, la commune semble parfois démunie. Tant qu'elle n'est pas propriétaire de la voirie, elle peut en effet difficilement intervenir. De son côté, l'opposition martèle depuis plusieurs années qu'il faudrait appliquer le même droit qu'à l'extérieur, c'est-à-dire l'obligation d'entretenir sa parcelle, comme c'est le cas pour votre maison par exemple:
La commune pourrait prendre ses responsabilités en entrant dans le jeu. Elle pourrait racheter certaines passerelles abandonnées pour en faire des espaces de jeux, des espaces verts, des potagers partagés,... Cela créerait un espace communautaire d'une part, cela supprimerait des nuisances qui ennuient un paquet de monde.
Tout le monde semble d'accord sur un point, il faut tout faire pour convertir la totalité de ces zones en habitat vert. Claude Bultot, le bourgmestre, n'en démord pas:
La première phase de conversion en habitat vert est pour 2025, j'espère qu'il y en aura une seconde. Je crois les doigts. Mais on reste tributaire des décisions régionales.
Pour Mathieu Morelle le mot de la fin:
Il n'est pas question ici d'immobilier, de routes ou de trottoirs. Cela concerne des gens qui méritent de vivre dans des conditions respectables, comme tous les Hastièroises et Hastièrois.