Santé

Les eaux de Braibant, contaminées aux TFA, "sont potables"

publié le:23/10/2024 16:00:00 - mis à jour: 25/10/2024 17:19:21

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L’eau de distribution à Braibant est potable. Le ministre de la Santé Yves Coppieters l'affirme dans un courrier adressé à la commune de Ciney après la découverte de niveaux alarmants de TFA (PFAS).

Dans ce foyer de Braibant, petit village cinacien, Pauline et sa famille ont troqué l'eau du robinet contre de l'eau en bouteille. Depuis qu'ils ont appris vendredi dernier qu'un taux alarmant de TFA, le plus petit des polluants éternels, avait été relevé dans le réseau du village, Pauline ne veut prendre aucun risque pour sa santé et celle de son enfant :

Nous avons acheté de l'eau en bouteille que nous utilisons désormais pour faire notre thé, notre café, et pour notre consommation quotidienne. Nous avons un enfant qui va avoir deux ans, nous sommes jeunes et nous avons encore des projets de vie. Nous nous posons des questions comme « depuis quand ? » et surtout « avec quelles conséquences ? »


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L'eau est potable, même si...

Interpellé par les autorités cinaciennes qui ont soulevé le lièvre, le ministre de la Santé et de l'Environnement, Yves Coppieters, se montre aujourd'hui rassurant. Dans un courrier adressé à la commune ce mardi, il confirme la potabilité de l'eau. L'échevin de la Santé, Jean-Marc Gaspard, tient aujourd'hui à en informer la population :

Si un ministre nous dit que l'eau est potable, je crois qu'on peut se contenter de cette affirmation et rassurer notre population, même si les études sur la toxicité des TFA sont toujours en cours.

Les eaux de Braibant, Halloy et Jet au-delà du seuil d'alerte

Tout commence en juin dernier, quand la Société wallonne des eaux (SWDE), sur demande du gouvernement, annonce le début d'un large monitoring des TFA sur l'ensemble du territoire wallon.

Les autorités cinaciennes décident alors de réaliser, parallèlement, leur propre analyse sur trois zones de captage le 22 juillet dernier. Celles-ci révèlent à Braibant, Halloy et Jet des taux de 2,4 microgrammes/L, alors que le seuil d'alerte est fixé à 2,2 microgrammes/L.

Ces taux sont d'autant plus surprenants et inquiétants qu'ils sont supérieurs à ceux relevés par la SWDE un mois plus tôt. A la mi-juin, ces derniers s'élevaient à 1,7 microgramme/L.

"Les TFA, un véritable cauchemar"

Alors, comment expliquer une telle différence de TFA dans l'eau en quelques semaines ? Gauthier Eppe, membre du Comité scientifique indépendant, l'organisme qui a fixé cette recommandation de 2,2 microgrammes/L, l'explique difficilement :

Les TFA sont un véritable cauchemar aujourd'hui. Ils font partie des PFAS, des polluants dits éternels. Ils restent donc longtemps dans l'environnement et, en plus, ils passent à travers tous les systèmes de filtration et d'épuration. Aujourd'hui, on a installé des filtres à charbon actif dans les communes où il y a un problème de PFAS, mais les TFA passent à travers ces filtres. C'est une vraie problématique de piéger et d'éliminer ces molécules de l'eau potable, car on ne sait pas aujourd'hui attribuer une source spécifique aux TFA.

Surveillance accrue

Le monitoring mené par la SWDE a permis de mettre en lumière 13 zones de distribution problématiques en Wallonie. Avec Ciney, cela fait désormais 14. L'AIEC, l'opérateur de distribution en charge de Braibant, nous confirme que des analyses supplémentaires sont déjà en cours et qu'elles feront l'objet d'une surveillance accrue. Son directeur, Olivier Montfort, indique:

Nous avons lancé une campagne d'analyse dans toutes les zones où nous avons relevé des valeurs supérieures à 1,5 microgramme/L de TFA. Celles-ci vont être menées régulièrement afin de déterminer l'origine de la pollution.

Une norme, une recommandation. Deux poids, deux mesures?

En Belgique, il n'existe actuellement aucune limite légale pour le TFA dans les eaux de surface et les eaux souterraines. Mais à partir du 1er janvier 2025, le gouvernement wallon a annoncé qu'une nouvelle norme entrera en vigueur pour les PFAS. La potabilité de l'eau sera fixée à 0,10 microgramme/L pour la somme de 20 PFAS. Celle-ci ne tiendra toutefois pas compte des TFA. L'expert du Comité scientifique indépendant justifie :

On joue sur deux valeurs. Une fait office de recommandation pour les TFA. L'autre de norme légale. La future norme de 0,10 microgramme/L pour 20 PFAS nous servira d'outil de mesure pour la potabilité de l'eau. La mesure de 2,2 microgrammes/L restera une valeur de recommandation permettant de nous alerter et d'initier le début d'une enquête pour identifier l'origine du TFA.

Précisons que sur les 642 zones de distribution monitorées par la SWDE, seules 44 n'affichaient pas de TFA.

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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