Le Masterplan de la zone Dinaphi soulève des questions financières et politiques, au point de provoquer la démission ce vendredi du président du Collège, Antonin Collinet.
Dans l'arrondissement, la zone de secours Dinaphi veut passer à la vitesse supérieure. Son objectif : garantir que chaque intervention se fasse en moins de 30 minutes, partout sur le territoire. Une ambition qui transforme l'organisation des casernes. Pour atteindre ce délai, le commandant de la zone, Philippe de Wergiffose propose d'axer les services autour de trois casernes dites « pivots » et neuf casernes dites « satellites ». Dans une interview d'avril 2025, il détaille :
Trois casernes seront mises en place, qu'on appelle pivots, qui vont héberger des pompiers jour et nuit, comme le sont actuellement déjà les ambulanciers. Et donc, grâce à ce système-là, ils pourront partir à l'incendie très rapidement, sans devoir attendre que des volontaires, qui sont à domicile en disponibilité, rejoignent le poste, s'équipent et partent. Donc nous gagnons facilement un bon quart d'heure de temps d'intervention.
Concrètement, les trois casernes pivots à Gedinne, Philippeville et un nouveau poste à Achêne permettraient aux équipes d'être présentes en permanence, tandis que les neuf casernes satellites fonctionneraient avec des volontaires rappelables en cas d'intervention.
Héberger les pompiers sous un toit jour et nuit est impossible dans les postes actuels. Donc, quitte à devoir les reconstruire, autant les placer à un meilleur endroit, plus stratégique.
Investissements financés par les communes... puis la Province
Mais, contrairement aux dires du commandant, les bourgmestres estiment que la création de nouvelles casernes et les gardes sous toit ne seraient pas sans conséquences sur les communes. Aujourd'hui, ce sont elles qui financent les zones de secours. Antonin Collinet, bourgmestre de Florennes et alors président du conseil de zone, considèrait ces investissements nécessaires en octobre dernier :
Ces gardes sous toit sont, évidemment, des dépenses qui doivent être prises en compte dans un plan financier global, et impliquent également un certain investissement pour les bâtiments qui accueilleraient alors les gardes.
C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles le Masterplan ne fait pas l'unanimité chez les bourgmestres. Lors du dernier conseil de zone, ils et elles ont décidé… de ne rien décider, estimant ne pas disposer de toutes les informations, notamment financières. Natalie Demanet, bourgmestre de Havelange, réagit à l'issue du conseil d'octobre dernier:
Au vu de ce qui s'annonce au niveau fédéral et régional, on ne peut plus se permettre le luxe d'avoir des dotations à la zone de secours ou à la zone de police qui dépassent nos propres moyens communaux.
Au point de provoquer la démission du président de la zone
Même si la Province reprend progressivement le financement des zones de secours, les communes restent très attentives aux dépenses allouées à Dinaphi, du moins jusqu'en 2030. La mise en place et la gestion financière de ce Masterplan ont divisé les bourgmestres, à tel point que le président de la zone, en place depuis janvier, Antonin Collinet, a démissionné ce vendredi.
Il y avait des avis discordants, des positions différentes, et j'ai senti que la possibilité de rejoindre ces différents avis devenait trop complexe et impossible à faire aboutir.
Mélanie Havenne prend le relais à partir de ce lundi. Ancienne échevine de Beauraing et députée provinciale, elle aura pour mission délicate de faciliter les échanges entre les communes et la Province dans le cadre du transfert progressif du financement de la zone Dinaphi.
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