Grande Guerre

Mémoire vive: Melchior Petry, un gendarme sur le front

publié le:30/06/2017 16:54:00 - mis à jour: 30/06/2017 17:09:43

Melchior Petry (Collection: Alain Piette, avec son aimable autorisation)

Melchior Petry, originaire d'Hamois, a servi pendant toute la Grande Guerre comme gendarme. Ce rôle de la gendarmerie pendant le conflit, pourtant essentiel, est souvent oublié par les historiens.

Après des études d'arpenteur, Melchior Petry choisit de s'engager dans la gendarmerie en 1912. Lorsque la guerre éclate, les gendarmes, qui font partie intégrante de l'armée, sont mobilisés. Melchior n'échappe pas à la règle et se retrouve, avec son régiment, au cœur de la bataille d'Anvers. Pour éviter les pertes inutiles, ordre est donné de traverser la frontière néerlandaise. Le pays, neutre, interne tous les combattants arrêtés sur son territoire.

Melchior Petry est « interné » dans un camp en compagnie d'un ami d'enfance, Ludovic de Cartier d'Yves. Rapidement, les deux copains décident de s'évader. Leur cavale les mène en Angleterre avant de pouvoir rejoindre la France et les troupes belges.

Le portrait de Ludovic de Cartier d'Yves

Une fois sur le front, la guerre de Melchior Petry ne ressemble pas à celle des soldats « classiques ». Il ne connaît pas les tranchées et le combat direct. Son travail s'assimile à ce qu'on appelle aujourd'hui la police militaire mais aussi à du renseignement.

Analyse historique : le rôle des gendarmes

Lorsque la guerre éclate, la gendarmerie est une composante à part entière de l'armée. En août 1914, les gendarmes sont donc mobilisés au même titre que tous les soldats. Les gendarmes jouent un rôle direct et immédiat dans la mobilisation : ils distribuent les avis de mobilisation aux civils.

Lors de la première phase du conflit, les gendarmes, le plus souvent à cheval, remplissent des missions de renseignements. Ils se déplacent rapidement et connaissent bien le territoire. Ils sont donc chargés de surveiller l'avancée des Allemands.

A partir de fin août et de la bataille d'Anvers, les gendarmes endossent un rôle plus policier. Ils veillent à ce que les soldats respectent le code militaire et les ordres donnés. Ils empêchent les désertions et lorsqu'elles surviennent, tentent d'arrêter les déserteurs.

Derrière l'Yser, la question des désertions devient moins prégnante. Les gendarmes exercent alors un rôle de protection du pouvoir politique à Sainte-Adresse (Le Havre) et continuent de garantir la bonne conduite des soldats.

Merci à Alain Piette et à Axel Tixhon

Avec le soutien de la Province de Namur

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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