Depuis mai, Adeline Blondiaux a ouvert un bar à cafés pas comme les autres. Chez elle, à Thynes, sur le pas de sa porte, et avec un nom qui ne laisse personne indifférent: "My Fucking Good Coffee".
Thynes, un petit coin tranquille, à deux pas de Dinant. Un village sans commerce, mais depuis peu… un parfum de café torréfié plane dans l'air, grâce à Adeline Blondiaux, l'une de ses habitantes.
À la base, je voulais vraiment faire ouvrir un coffee truck. Le problème, c'est que ma machine à café est arrivée bien avant la camionnette. Du coup, je devais commencer à rentabiliser l'investissement.
Devenue barista, Adeline a donc transformé le pas de sa porte en terrasse pour y installer son bar à cafés.
Un concept inattendu, en plein cœur d'un village reculé de la commune.
Mon entourage me disait : ‘T'es sûre que ça va fonctionner ? Un tout petit village, comme Thynes ?' Je disais : ‘Ça, je ne sais pas… Mais même si je vends un café par jour, pour moi, c'est déjà gagné.' Les deux ou trois premiers jours, il y a eu beaucoup de monde. Puis le premier mois, ça s'est un peu estompé… Et puis au deuxième mois, des habitués ont commencé à revenir. Des parents de l'école qui prennent un café avant d'aller bosser. Maintenant, j'ai des cyclistes, des promeneurs…
Le café, ici, c'est plus qu'une boisson chaude. C'est une pause. Un point de chute. Un début de communauté.
C'est un petit moment convivial. On se retrouve autour d'une boisson chaude… Un peu comme dans la série Friends, où on se retrouve entre potes pour boire un café et se raconter la journée.
Un nom qui ne passe pas inaperçu
Forcément, le nom surprend : "My Fucking Good Coffee". Il fait parler — et c'est exactement ce qu'Adeline voulait.
Tu te réveilles le matin, t'es un peu patraque… Tu viens boire un putain de bon café.
Mais comment une prof d'agronomie devient-elle barista ?
Par passion pour le café. Et puis, il faut un peu… je vais le dire en espagnol : il faut des corones pour se lancer ! Et voilà. J'ai fait la formation, et pendant cette formation, je me suis dit : le café, c'est ce que je veux faire. J'ai acheté plein de bouquins... comment faire une mousse de lait correcte, toutes les sortes de cafés, toutes les recettes. Je les ai testées, je les ai fait goûter.
Adeline s'inscrit dans une logique de retour aux petits commerces de proximité, qu'on croyait disparus.
Avant les grandes surfaces, il y avait une boulangerie et deux ou trois petits magasins d'alimentation. Mais avec les zonings, les villages ont perdu tout ça. Même si ça revient un peu, avec les maraîchers, les boucheries à la ferme… En café, en tout cas, je pense que ça n'existait pas. Et ici, on peut dire que c'est le plus petit bar à café : il n'y a que quatre places assises.
Quatre chaises, une machine à café… et bientôt des petits-déjeuners maison. Adeline suit aujourd'hui des cours de cuisine pour aller plus loin, et offrir à ses clients bien plus qu'un bon café.